Ça continue… La vie est bien étrange je trouve. Je prends conscience cette année de la fragilité des choses : la fragilité de l’amour, la fragilité d’une vie. C’est intéressant ceci dit. J’apprends beaucoup de choses sur moi et sur la vie. La dernière leçon en date et que l’on peut petit déjeuner avec un ami, un deuxième père, un samedi matin et puis le lendemain apprendre qu’il est hospitalisé avec une tumeur au cerveau avec un pronostic vital engagé. Il s’appelle Allan Henry Roy et je le connais depuis que j’ai 16 ans, soit 25 ans. Je passais tous mes étés dans sa maison et il m’a appris tout ce qu’un adolescent n’ose pas demander à ses parents. C’était un confident, un ami, un membre de ma famille. Il était dur quand il le fallait et adorable le reste du temps. J’avais ressenti le besoin de lui présenter mes enfants cette année. Je ne saurais dire pourquoi mais une petite voix me poussait à aller le voir après 12 ans d’absence dont 6 années de silence absolu. Il n’avait jamais accepté ma séparation d’avec la mère de mes enfants et je me suis vexé, refermé sur cette douleur en nourrissant de la rancœur et puis… cette année de transition m’a appris à être à l’écoute des autres, à comprendre l’opinion d’autrui alors je lui ai écrit une lettre où je lui confiais la peine que j’avais de ne plus le voir, lui et sa femme Joyce. Je lui disais que j’aimerais qu’ils connaissent Bastien et Lisa, que c’était important pour moi. Il m’avait répondu que le passé était le passé et qu’ils n’avaient jamais cessé de penser à moi durant toutes ces années. Et puis, voilà. Alors que nous étions encore dans l’avion, il faisait un malaise. Je l’ai eu une dernière fois au téléphone à Philadelphie, juste avant d’embarquer pour Paris. Allan est hospitalisé et il est inopérable : la tumeur est trop grosse et les médecins sont pessimistes. Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que ce blog est le mien et que vous savez que j’y raconte ce qui me touche. La plupart du temps, j’essaye d’être drôle, de vous montrer ce que je fais en étant léger et guilleret mais il y a des événements dans ma vie qui sont trop forts pour que je les garde pour moi alors je les partage avec vous. Que ceux qui croient en Dieu prient pour Allan, qu’il ne souffre pas trop et que sa famille ait du courage. L’ironie de l’histoire veut que son père va fêter ses 100 ans l’an prochain et je lui disais la semaine dernière, alors que nous buvions une Rolling Rock Beer dehors, qu’il avait la chance d’avoir encore une vie devant lui… Tout est fragile en ce bas monde alors profitons des uns et des autres, aimons-nous tant qu’il est temps et apprécions la moindre des petites choses car tout peut s’arrêter du jour au lendemain.















