Hier après-midi, nous sommes allés au marché pour acheter des chaussures pour les enfants. Nous sommes tombés sur des vendeurs qui nous ont vont vu arriver de très loin… 5000 Francs la paire : “de vrais Converse Missieurs ! De la qualité !“ Sauf que les vrais Converse ne portaient pas le bon logo et qu’il y avait marqué “made in China“ sous les semelles. Après 1/2 heure de palabres, avec fausses sorties et une interprétation parfaite de la gentille acheteuse (Ana) et le méchant acheteur (moi), nous avons réussi à les faire tomber à 3500 FCFA. Ensuite, nous avons hélés un “zem“ (mobylette-taxi) qui nous a emmené à deux sur sa selle vers la librairie centrale. Un policier s’approche de nous à un feu rouge (voir photo) et arrache les clefs du véhicule sans rien dire et s’éloigne. Ana va lui demander des explications mais l’homme de Loi ne veut rien savoir et exige que le chauffeur vienne s’expliquer avec lui. Le problème est que la “Loi“ interdit le transport de 2 passagers par mobylette. L’homme est effondré : sans son “zem“, il est au chômage. Ana essaye de convaincre le policier que ce n’est pas de la faute du pauvre chauffeur mais de la nôtre qui avons insisté pour qu’il nous prenne ensemble car elle lui raconte “avoir peur seule sur un zem“. Le policier est inflexible et il bloque le 2 roues en disant que cela se règlera au commissariat. Ana rajoute que c’est Noël et qu’il pourrait avoir un geste de pardon. Le policier répond qu’il n’y a pas de Noël chez les policiers… Nous sommes tombés sur Docteur Justice. Un incorruptible au pays de la corruption. Nous aurions pu partir et poursuivre notre chemin mais la vu de ce pauvre chauffeur de zem privé de son outil de travail nous a fendu le cœur et tels “Avocats sans frontières“, nous nous sommes donnés comme mission de récupérer ses clefs. Je vais alors discuter avec Mister Inflexible. Je lui parle de Dieu, de la mission humanitaire que nous menons pour sauver des enfants pauvres, je lui parle d’espoir et de lumière céleste auquel il aura droit s’il se montre magnanime et, en conclusion, je lui demande quel est le montant de l’amende que le pauvre homme devrait acquitter pour récupérer ses clefs. Le policier me répond 7500 FCFA. Je lui rétorque que cet homme a une famille à nourrir et un travail à faire et que lui demander 3 jours de salaires était exorbitant. Je poursuis en lui disant que, par un heureux hasard, nous avons 5000 FCFA sur nous. Le policier s’est éloigné lentement, l’air de réfléchir à ma proposition. Je l’ai suivi et c’est derrière un panneau publicitaire que l’échange s’est déroulé : un billet vert contre les clefs du véhicule que nous avons remis à son propriétaire qui avait les larmes aux yeux. Il nous a conduit à la grande librairie (avec un ami à lui chauffeur de zem) et il ne nous a rien demandé pour cette course. Il m’a regardé et m’a demandé combien j’avais payé. Je lui ai répondu “5000 FCFA“. Il répétait “ce n’est pas normal“. Je crois qu’il avait honte que nous ayons assistés à ce genre de pratique et il était ému de voir que 2 “yovos“ (blancs) s’intéressent à sa condition de chauffeur de taxi. Il m’a dit, l’air grave, ses yeux plantés dans les miens, “que Dieu vous bénisse et vous garde éternellement“. C’est drôle mais je suis certain que je n’oublierai jamais son regard. De toutes nos “bonnes actions“, c’est celle là qui m’a le plus marqué jusqu’à présent.
Nous avons acheté 40 dictionnaires : 20 français et 20 français/anglais et nous amenons tout ça aujourd’hui à Togbota en “zem“. C’est reparti pour 2 heures de route dans la brousse en mobylettes. Mes cervicales vont encore déguster. Je vous raconterai vendredi quand nous reviendrons. J’aurais des choses à vous conter sur un Noël dans la forêt…
















1 Commentaire
salut ami au peu de cheveux,
même au Bénin tu restes en motard et proche des motards, tu devrais monter la fédération des motards en colère du Bénin, ou la fédération des chauffeurs de zem en colère ! Encore une belle action en cette veille de Noël !
On te souhaite un très joyeux Noël, profites bien de ton voyage et de tes aventures !
On t’embrasse fort !