déc 27

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Hello les amis ! Aujourd’hui c’est dimanche à Cotonou comme partout dans le monde du reste. Ils ont beau être en retard, faut pas pousser. Je vous devine avides d’informations quant au programme de ma journée qui fut des plus intéressantes. Réveil matinal, douche froide (il n’y a pas d’eau chaude au Bénin) puis départ pour le marché de l’artisanat où j’ai acheté de magnifiques bijoux en argent que j’ai – enfin que nous, avec Ana – avons lourdement négocié. Le vendeur, Rodolphe, était inflexible sur le prix. Nous nous sommes quittés en se disant qu’il allait faire comme tous et qu’il allait nous courir après en nous priant de revenir. Nous avons fait 5, 10, 15 mètres puis après 50 mètres, nous nous sommes dits que c’était foutu et que nous avions peut-être été trop durs en négociation. C’est le jeu : on ne gagne pas à chaque fois. Nous avons déjeuné dans le marché (délicieux ! Un petit restaurant tenu par un grand-père niçois qui possédait des bars à Nice avant de décamper il y a 20 ans pour s’installer ici. A mon avis, il devait avoir de gros problèmes sur la Riviera…). Ensuite, nous avons assisté à un événement : Eugène nous a rejoint afin de nous présenter sa fiancée, Romaine, une ravissante étudiante en droit aussi timide que lui. Je crois qu’il était fier et anxieux de nous présenter sa promise (les relations hommes/femmes avant mariage sont très compliquées ici. On doit se constituer une dote, garder une certaine forme de distance avec la femme etc. Rien à voir avec la France où on a un préservatif dans la poche dès le premier rendez-vous). Nous sommes retournés avec eux dans l’échoppe du marchand où après 30 minutes de palabres en fon et français, il a consenti de nous céder les bijoux pratiquement au prix que nous souhaitions. Ensuite, nous avons filé tous ensemble au marché au tissu afin de ramener à Nicole Sarradon (ma psychologue. Oui, c’est incroyable mais je consulte ! Une femme admirable, mélange de Marguerite Yourcenar et de Mamie Nova pour le physique et de Freud et Mireille Dumas pour l’intellect. Je vous parlerai d’elle un jour prochain car c’est grâce à Nicole que je ne mouille plus mes draps). Vous verriez ce capharnaüm dans lequel nous avons pénétré, c’était incroyable : imaginez un immense labyrinthe sur 3 étages, éclairé par de petites lumières. Côte à côte se dresse des piles de tissus de toutes les couleurs sur des mètres et des mètres. Des vendeuses, pour la plupart, font la sieste sur un tabouret, par terre ou sur une table en attendant le client. Et nous revoilà partis pour négocier à nouveau… Nous avons regardé les femmes s’activer alors qu’avec Eugène, nous sirotions un soda au citron qu’un vendeur ambulant nous avait vendu dans l’étroite allée qui circule comme un serpent dans cette immense entrepôt. Nous avons également pris du tissu pour Wilfried et sa famille afin que sa femme confectionne des vêtements pour eux tous. Il était une fois de plus ému de notre cadeau et il nous a dit en nous remerciant chaleureusement “mais je suis… je suis… dépassé !“. Après le marché, nous sommes allés à Porto-Novo en “zem“ pour rendre visite à 2 petites filles (voir photo) Julie et Sabine, qui ont quitté Togbota l’an dernier pour vivre avec leur mère à Cotonou. Leurs progrès scolaires sont stupéfiants (preuve, s’il en fallait une, qu’il vaut mieux étudier dans les grandes villes que dans l’école de la brousse) et cela a fait grandement plaisir à Ana de les retrouver. Les petites lui ont sauté au cou et elles ont eu droit à des cadeaux qu’elle leurs avait apporté : crayons de couleurs, livres pour enfants, peluches… Elles étaient toutes intimidées et avouez qu’elles sont craquantes, non ?
Nous avons passé un long moment à jouer et rire avec elle et à “palabrer“ avec leur grand-mère qui riait à chaque fois que j’essayais de m’exprimer en fon. J’ai appris une nouvelle expression d’ailleurs : “bonne assise“. Vous le dites aux amis qui sont venus vous rendre visite pour leur signifier votre joie de les voir chez vous… “bien assis“.
Ce soir, nous sommes à nouveau invités chez Aurélie pour un apéro. Que de mondanités !

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