Aujourd’hui, nous avons eu l’honneur d’être l’invité d’Eugène chez lui. Il ne le fait jamais d’ordinaire avec des “yovos“ (blancs) et c’est donc dans nos petits souliers que nous nous sommes rendus chez lui à 25 minutes de zem de notre logement. Sur place, sa fiancée, Romaine, et sa sœur, la ravissante Véronique, nous attendaient dans le modeste logis occupé par notre hôte. Son habitation est composée d’un petit salon où une TV était allumée, une chambre unique avec matelas et au fond, une cuisine/salle de bain. 30 mètres carrés à vue de nez. Il vit ici avec sa sœur, étudiante en psychologie et Romaine vient de temps en temps lui rendre visite. On rentre chez lui par un portail métallique qui découvre une étroite allée bétonnée de 3 mètres de large, bordée de chaque côté par des portes d’entrée, toutes ouvertes. Une sorte de lotissement où chacun vit côte à côte. Des enfants jouaient dans cette allée et entraient librement chez les uns et les autres (mais surtout chez nous, vu que l’arrivée de “yovos“ a été vécu comme un événement). Véronique et Romaine avait préparé de la graine avec des légumes et du lapin et c’était délicieux. Nous avons arrosé tout cela de “sucrerie“ (le soda est appelé ainsi ici) puis nous avons pris congé. Peut-être que ce soir, elles nous retrouveront au restaurant où nous avons prévu de prendre notre dernier repas avec toute l’équipe d’Urgence Bénin, avant le décollage à 3h00 du matin vers Casablanca puis Marseille. Pas d’escale au Togo cette fois-ci !
Je voudrais faire le bilan de notre action avant de rentrer : Ana a dépensé 150 €, sur 270 € de dons, en médicaments pour le dispensaire. Moi, j’en suis à 918 € dépensés sur 1 115 € de dons. Le reste, le solde, servira à envoyer les affaires que nous n’avons pas pu prendre avec nous, soit 317 € (environ 5 cartons). Nous avons préféré ne pas “trop“ acheter et distribuer d’un seul coup mais étaler dans le temps car je pense qu’il y a déjà eu “overdose“ avec tout ce que nous avons offert. Ils n’ont rien pour vivre la plupart du temps et tout d’un coup, nous sommes arrivés les bras chargés de cadeaux, ce qui n’est peut-être pas la meilleure des choses pour eux. Une personne comme Eugène, qui est salarié d’une ONG, qui a fait des études et qui gagne bien sa vie, a un salaire de 250 €/mois donc, imaginez ce que les 1000 € que nous avons dépensé sur place, représentent ! C’est colossal mais c’est une bonne chose d’avoir aidé l’économie du pays en “consommant“ et en “achetant“ sur places des biens manufacturés.
Je ferai un bilan plus “humain“ dans l’avion car il y a beaucoup à dire.
Je voudrais vous remercier, tous. Ceux qui m’ont aidé dans mon entreprise et tous ceux qui ont suivi mes “aventures“ sur ce blog (100 personnes en moyenne par jour !). Je voulais juste vous rendre compte de la vie d’ici et vous livrer, souvent de façon “brut“, mes impressions et mes émotions telles que je les ressentais. Je reviendrai ici avec mes enfants sans doute cet été. Je leurs avais promis et je pense que cela leur fera le plus grand bien de voir un pays du tiers-monde où il n’y a pas de cinéma (pas un seul dans tout le Bénin !), ni supermarché, ni Toys’r Us. Je me suis même déjà renseigné sur la capacité d’accueil à l’hôtel et j’ai hâte de leur présenter Wilfried !














