Parfois, il se passe des choses dans ma vie qui m’inspire cette question : suis-je le seul à qui cela arrive ? Vous vous souvenez de cette charmante personne avec qui j’avais dîné dans un restaurant de Marseille avant de découvrir qu’elle détestait le bœuf ? J’avais tiré de cet épisode de ma vie O combien passionnant, un texte fin, précis et assez complet sur la quête de l’âme sœur. Il se trouve que cette jeune femme m’a envoyé un texto récemment et que cela a provoqué, une fois encore, un petit séisme dans ma vie déjà largement mouvementée.
Le SMS disait (en italien, langue maternelle de la demoiselle) : “merci pour les fleurs. Elles sont magnifiques. Appelle-moi“.
J’ai décidé d’obéir à cette injonction en gentleman que je suis mais un problème de taille se posait à moi : je ne lui avais jamais envoyé de fleurs !
Alors là, je vous pose la question : faut-il avouer et être honnête en prenant le risque de passer pour un goujat d’avoir ainsi oublié la date de son anniversaire ou bien feindre d’être l’expéditeur du bouquet et endosser le costume du romantique mystérieux qui ne signe pas ses envois de fleurs ? J’ai tourné longtemps cette question dans ma tête avant de composer son numéro en me disant que les premiers mots de notre échange m’indiqueraient l’option à retenir :
- allo ? C’est moi (air penaud. Le genre de voix qu’on prend pour aller dire à son voisin qu’on a rayé sa voiture en faisant une marche arrière. Vous voyez le truc ?)
- ah (sourire dans la voix)… toi alors… tu es incroyablement romantique (voix du voisin qui vous répond que c’est pas sa bagnole)
- (vous devinerez qu’à cet instant de notre conversation téléphonique, j’étais TRES, TRES mal) Oui… mais tu sais…
- elles sont magnifiques ! Elles sont d’un rouge ! Faut-il y voir un message ? (sourire coquin dans la voix)
- écoute, il faut que je te dise… C’est très gênant mais ce n’est pas moi…
- comment ça ?!? (disparition du sourire coquin et voix du voisin qui finalement se rappelle que c’est bien sa bagnole que vous avez emboutie)
- et bien écoute… ce n’est pas moi qui t’ai envoyé ces fleurs alors… je suis un peu gêné quoi…
- (silence interminable nous laissant comprendre que nous étions tous les 2 dans une belle merde si vous me permettez cette expression imagée. Je décide de rompre alors ce blanc insupportable par un trait d’humour qui me sort généralement des pires galères).
- mais si tu veux, je peux t’offrir un vase, ah ah… (le rire placé en fin de phrase est généralement destiné à détendre l’atmosphère quand celle-ci se fait lourde. Il doit être savamment dosé pour que la personne ne se vexe pas et que cela lui permette, au contraire, de revenir dans la discussion dans un état d’esprit d’ouverture et de compréhension. Enfin, généralement, c’est à ça que sert le rire de fin de phrase).
Elle a raccroché. Putain de dosage…
Moral de l’histoire : messieurs, offrir des fleurs c’est très bien et très élégant… mais SIGNEZ bordel !
Elle s’appelle Marie et elle commence jeudi prochain. La pauvre ne sait pas ce qui l’attend mais en même temps, si je lui avais dit la vérité, elle n’aurait jamais signé. Merci à toutes celles qui ont répondu par mail sur mon blog, j’espère que vous trouverez toutes un poste à votre mesure mais il a fallu faire un choix et il s’est porté sur cette Marie. Dites-vous que vous avez échappé à une expérience traumatisante dont vous ne seriez pas sortie indemne.
Marie va devoir me gérer au quotidien… J’ai prévu de lui faire suive un « stage de survie en milieu hostile“ dispensé par d’anciens légionnaires et un autre sur “l’achat et la gestion des stocks de Coca Zéro“ à la maison mère, à Atlanta. Une fois qu’elle aura assimilé ces 2 formations, elle sera apte au poste.
J’ai toujours des journées de dingue et j’ai réalisé ce soir, en parcourant les allées du Monoprix où je fais les courses, que c’était le seul endroit où mon portable ne passait pas. Le bonheur. J’ai longtemps flâné devant le rayon pommes de terre surgelées, je me suis baladé entre les riantes allées boissons qui offrent pléthores de Coca-Cola, lait en tout genre et autre Tonic en jouissant de ce moment volé à mes diverses activités. Que c’était bon de faire la queue à la caisse en imaginant ma boîte vocale se remplir de messages tous plus urgents les uns que les autres. Dès que je suis sorti de ce magasin qui faisait office de bunker en m’isolant du monde du travail, mon téléphone a malheureusement immédiatement capté un signal et s’est mis à biper dans tous les sens pour m’avertir d’appels manqués…
Aujourd’hui, j’ai tourné 2 reportages pour LCM et j’ai eu la surprise de tomber sur ce panneau dans le hall d’accueil de l’entreprise “Delta Assurances“. J’ai souri mais j’étais assez gêné bizarrement d’être annoncé de la sorte. Après enquête, j’ai appris que toute personne pénétrant chez Delta Assurances avait droit à son panonceau. Ma fierté en a pris un sacré coup et Cyril, mon cadreur, s’est bien foutu de moi…
Scénario : Jeff Carias
Prise de vue : Cyril Chauvin sur Canon 5D
Chefs Opérateurs : Cyril Chauvin et Gilles Fonlupt
Son : Jean-François Vuidepot
Montage et effets numériques : François Volfin
Maquillage : Sabrina Rousset
Voix off : AB Studio et Domino Studio
