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Archives / décembre 2010

Bilan sentimental 2010


Publié par jeff le 31 déc 2010 / 4 Commentaires
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Je ne veux pas me répandre ici sur ma vie sentimentale dont je distille parfois quelques bribes dans des articles où se mêlent désespoir et sourire mais à l’heure des bilans, je dois dire que la plus belle rencontre que j’ai faite cette année m’a montré à quoi pouvait ressembler l’ennui suprême. L’acmé de la lassitude. Imaginez-vous enfermé dans un ascenseur en panne avec un kossovar ne parlant pas le français mais qui entreprend de vous raconter tout de même l’Histoire de son pays en faisant de grands signes avec les mains. Les heures passent et le babélisme de l’homme, barbu et sentant l’ail, ne tarit pas. Il s’emporte, postillonne et les yeux pleins de colère, il continue de déblatérer dans une logorrhée incompréhensible. Vous passez votre temps à hocher de la tête pour faire mine de vous intéresser à son propos mais vous ne cessez pas d’appuyer sur le bouton “Alarme“ de la cabine. J’ai vécu à peu prés cela cette année.

Nous étions dans un bar où on m’avait fait venir pour me présenter une jeune femme. Soit. La jeune personne essaye timidement de briser la froideur dont je me pare quand je sors de ma tanière afin d’en savoir plus sur moi : “qu’est-ce que tu fais dans la vie ? Tu as des enfants ? Tu habites dans quel coin ? Tu pars où en vacances ?“ etc. J’ai répondu point par point à son interrogatoire avant de lui retourner une question : “et toi ? Tu bosses où ?“ Erreur monumentale. La jeune femme m’explique alors qu’elle est démonstratrice dans la grande distribution. Et alors là, j’ai droit à tout un argumentaire sur la vente du jambon Madrange, des chocolats Suchard et du Chocapic. “C’est passionnant comme job parce que ça change tout le temps !“ Me déclare-t-elle, les yeux pétillants de bonheur. “Un jour, tu vas devoir vendre du jambon Madrange mais le lendemain, tout change ! Cela va être un café ou bien du jus d’orange Oasis !“ Je lui fais remarquer que si le produit change, ses clients restent les mêmes. “Mais non ! Pas du tout“ répond la pasionaria du rayon alimentaire dans un accent de violence qui me sort de la torpeur dans laquelle je m’étais laissé couler. “Il y a une vraie typologie de clients selon les produits tu sais ! Ne crois pas que ce soit facile ! Ouh lala ! Non ! C’est scientifique, on a des études, on est briefé et tout et tout, hein. Y’a des gens qui font des recherches et tout, hein, tu sais ?! Moi, par exemple, je sais très bien choisir la cliente qui va acheter du Madrange. J’ai un score de “hit“ qui est très bon. Tu sais… Mon job, c’est un peu de vente mais beaucoup de psychologie.“ J’avais rencontré la Françoise Dolto du jambon en tranches…

J’ai écouté patiemment son discours gorgé de termes que je n’ai pas tous compris mais je me suis bien gardé d’en demander l’explication qui m’aurait couté de longues minutes supplémentaires. Je hochais la tête de temps à autre pour lui montrer que je n’étais pas encore inconscient. Intérieurement, je m’évadais. Mon esprit se faisait la belle en se projetant des images d’un bonheur passé. Mon cerveau était au cinéma et il se regardait le film de mes jours heureux, confortablement installé dans un fauteuil avec un sachet de Pop Corn. Je m’enfermais dans des souvenirs heureux pendant que mes oreilles laissaient entrer et sortir les commentaires de la jeune femme sur la façon de bien vendre un saucisson à une personne âgée (faire des tranches très fines pour qu’il puisse mâcher sans difficulté).

Je ne l’ai jamais revu. Peut-être qu’un jour, alors que je ferai mes courses dans une grande surface, j’entendrai un “hey Jeff ! Tu te souviens de moi ? Veux-tu goûter le meilleur Tarama du monde ? En cadeau, pour l’achat de 2 pots de 100 grammes, je t’offre une fiole de citron vert“.

Seul au bureau… sans Marie


Publié par jeff le 30 déc 2010 / 1 Commentaire
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Seul dans mon gigantesque bureau, je suis triste car Marie, ma merveilleuse assistante m’y a abandonné pour aller festoyer à Paris. Elle m’a mis du Coca Zéro au frais en pensant me faire oublier son absence mais la perte est incompensable.

200 mètres carrés pour moi tout seul. J’ai bien tenté d’animer une réunion avec de jeunes journalistes femelles cet après-midi mais je n’avais pas sa rassurante présence à mes côtés pour me sentir fort et puissant. Invincible quoi…

Sa discrétion feutrée, son sourire énigmatique, ses cheveux obéissant à une règle de gravité très personnelle, tout me manque en ce jour de préparatif pour “le réveillon“. Le fameux réveillon du Jour de l’An que tout le monde abhorre mais que ce même monde fête parce que c’est la norme. Je hais la norme !

Sa jovialité et sa bonne humeur communicative (comme en témoigne ce cliché d’elle pris le jour où je lui ai annoncé qu’elle était embauchée) sont des éléments qui me font cruellement défaut en ce jour pluvieux. Elle a laissé son livre préféré (le catalogue “JPG, fournitures de bureau“) sur son bureau avec un marque page qui dépasse. Je l’ouvre… C’est la page des crayons et stylos, son chapitre préféré. Elle a annoté de son écriture fine et déliée quelques commentaires qui sont pour moi des traces d’elle qui rallume un peu le foyer d’un cœur glacé par le vent d’hiver : “prendre 6 Bic Couleurs“, “se renseigner sur les nouveautés Waterman“… C’est tout elle, cette curiosité de tous les instants qui la font s’interroger sur les mystères de notre société. Un vrai Rouletabille (sans jeu de mots).

Vous savez quoi ? J’interromps le flot de ce billet hautement intéressant pour vous parler des hasards de la vie. Je viens de vomir quelques lignes plus haut sur les soirées du réveillon et figurez-vous qu’un ami vient de me proposer une soirée “Casino“ chez lui. J’ai essayé de proposer mes services toute la journée à des organisations humanitaires pour la soirée du 31 mais je n’ai pas eu beaucoup de succès (je me suis fait carrément jeter du Secours Populaire par une femme aussi sympathique qu’un gendarme dépressif) et le téléphone sonne avec une invitation inattendue de la part de quelqu’un que j’ai toujours beaucoup de bonheur à retrouver. C’est fou, non ?

C’est bien, la norme, parfois…

J’adore ce film : “La Vie et Rien d’Autre“


Publié par jeff le 28 déc 2010 / Aucun Commentaire
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Film de Bertrand Tavernier sortie le 6 septembre 1989. Scénario : Bertrand Tavernier. Avec : Philippe Noiret, Sabine Azéma.

Cette scène vient clore ce très beau film qui se passe durant la Première Guerre Mondiale. C’est une lettre d’amour envoyée par Philippe Noiret à Sabine Azéma où il lui déclare sa flamme. Mon Dieu que c’est beau… C’est de la poésie catégorie “balèze“. Ça change de “je te kiffe grave, t’as pas un 06 ?“

Je vous laisse déguster ces belles paroles en espérant qu’elles vous transporteront comme elles m’ont transporté.

La bêtise au quotidien


Publié par jeff le 27 déc 2010 / 3 Commentaires
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Il faut que je vous parle de la bêtise, un phénomène de société qui se répand plus vite qu’une rumeur et fait plus de victimes que le virus H5N1. J’ai voulu embaucher une jeune journaliste de 24 ans, en recherche d’emploi depuis quelques mois et qui ne trouve pas de travail. Normal. Il y plus de candidats que de postes dans cette branche, en particulier pour la presse locale. La jeune fille semblait correspondre en tout point à ce que je recherche et je la questionne sur le salaire qu’elle souhaite afin de clore son embauche. La jeune fille brune au sourire d’ange et à la peau de lait, me regarde timidement et me répond : “ben… au moins le Smic“. Erreur : il ne faut jamais répondre ça ; je le dis au cas où des jeunes liraient ce blog (ce qui m’étonnerait vu que je m’exprime sans Smileys). Tout d’abord parce-que c’est très con comme réponse : on ne peut pas payer moins que le SMIC puisque c’est le salaire MINIMUM. Pour une journaliste diplômée, cela aurait du me mettre la puce à l’oreille. Ensuite, parce que ce n’est pas très ambitieux comme réponse. Il vaut mieux partir de haut et négocier avec son employeur car si j’avais été un chien (ce que je ne suis pas), je lui aurais répondu : “ok, signez en bas“. Mais au lieu de ça, je lui ai répondu, ménageant un effet magnanime dont je n’étais pas peu fier : “et si je vous donnais beaucoup plus que le SMIC, vous seriez d’accord ?“. La jeune fille a souri et a prononcé un joyeux : “oh ben oui !“. J’étais satisfait de moi en la voyant heureuse de commencer lundi un emploi qui allait lui ouvrir les portes de la gloire. J’étais celui qui lui donnait sa chance en mettant fin à de longs mois de recherche d’emploi et d’angoisse. Dans quelques années, je l’imaginais répondre aux questions d’un magazine TV dont elle aurait fait la couverture : “j’ai commencé à Marseille avec un mec génial qui m’a donné ma chance. Il était intelligent et possédait une certaine forme de génie etc.“. Mais cette belle projection mentale s’est brisée lorsque la jeune enfant m’a appelé le lendemain pour me demander s’il n’était pas possible de décaler sa date d’embauche de 15 jours car elle avait prévu de faire un voyage et que son billet d’avion n’était pas remboursable… Je lui réponds que “non, ce n’est pas possible mais qu’à choisir entre un billet d’avion à 800 € et un CDI très bien payé, je n’hésiterais pas“.

Vous savez ce que la courge avec sa carte de presse m’a répondu ? “Je vais refuser alors. Parce-que si vous ne me gardez pas, j’aurais des regrets d’avoir gâché un billet d’avion“. Je vous jure que c’est vrai ! Cette jeune truffe de 24 ans, en recherche d’emploi, a refusé un job pour ne pas perdre un billet d’avion… Je ne sais pas quoi penser à vrai dire. Je pourrais être démago et écrire “quand je pense que la France a 4 millions de chômeurs etc.“ mais non, ce serait trop facile. Non, j’ai choisi d’être philosophe et je me dis que finalement, cet épisode m’a évité d’embaucher une cruche. C’est ma philosophie de vie depuis quelques années : tout ce qui arrive, bon ou mauvais, a un sens. C’est un immense puzzle qu’on ne voit pas et qui se met lentement en place au dessus de votre tête. C’est au Bénin que j’ai appris cela : “tout est déjà écrit dans le Ciel“ me disait Blaise, un de mes jeunes élèves et récemment Eugène, mon ami Béninois m’écrivait “tout est en train de se mettre en place pour toi“. Cela permet de relativiser les choses et de ne pas être trop déçu des tuiles qui vous tombent dessus.

Si vous connaissez une journaliste prête à sacrifier ses vacances pour un job, je suis intéressé…

Vous êtes au top


Publié par jeff le 21 déc 2010 / 1 Commentaire
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Merci. Vraiment merci à tous ! Depuis que j’ai sollicité votre aide pour reconstruire le petit village de Togbota, je suis envahi de messages de soutien et cela fait SUPER plaisir à lire.

La société Cabus&Raulot se propose de fournir du matériel électrique, les Mutuelles de France Sud du matériel médical, et tous les autres se sont engagés à me porter des vêtements, des jouets et des médicaments. Merci également à ceux qui m’ont proposé de financer la reconstruction de cases (déjà 4 cases de construites ! 32 personnes à l’abri). Une amie, Béatrice Polidori qui fait partie d’une association d’aide humanitaire au Bénin (Acteur Solidaire) et qui soutient, avec sa présidente Laetitia Lebon, mon projet, m’a donné une très bonne idée : chaque case parrainée portera le nom du donateur gravé dans le bois. Ça vous dirait pas de faire du naming au Bénin ? La classe, non ? Imaginez les conversations lors des dîners mondains : “tu as un appartements au ski ? Une maison de campagne, quoi ?“, “Moi ? Non, on y croise toujours les mêmes. Non, cette année, j’ai investit dans une case au Bénin. C’est moins surfait“. Cloué le mec ! Il aura grave les boules car vous aurez une case au Bénin avec vue imprenable sur le fleuve Togbo alors qu’il se caillera les miches à la montagne à regarder son radiateur électrique sécher ses chaussettes humides.

Merci à Carole et Ségolène qui ont essaimé mon appel à tous leurs contacts. L’effet boule de neige est en marche et c’est de saison !

On continue à se mobiliser : merci !

Mad Max est incompris


Publié par jeff le 20 déc 2010 / 1 Commentaire
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Délit d’Initié chez “Bétérem Ingénierie“


Publié par jeff le 18 déc 2010 / Aucun Commentaire
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Bénin : 50 € pour une case


Publié par jeff le 16 déc 2010 / Aucun Commentaire
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Ça y est, je replonge au Bénin. On se demandait avec mon amie Anne-Laure Garcin ce qu’on allait faire pour continuer à aider ce petit pays d’Afrique Occidentale. Envoyer un deuxième container de vêtements, médicaments, jouets et livres comme on avait fait cet été ? Nous voulions faire plus fort pour aider surtout à la reconstruction des 893 cases détruites par les inondations au Printemps de cette année, les plus dures depuis 12 ans. Faire plus fort signifie récolter de l’argent et financer de nouvelles cases. Nous nous sommes rapprochés d’Urgence Afrique et on a repris contact avec un vieil ami, Gabriel, retraité français que j’avais rencontré sur place. C’était lui qui était venu me chercher à l’aéroport de Cotonou à 3h30 du matin un jour d’hiver 2009. Je me souviens de cette arrivée de manière assez désagréable : le voyage avait été terrible avec 9h00 d’attente à Casablanca. La fatigue, la chaleur, la désorientation, les circonstances qui m’avaient amené dans ce coin paumé du monde dans lequel je n’aurais jamais dû mettre les pieds si ma trajectoire de vie n’avait pas connu de fracture ; tout cela m’avait plongé dans une profonde déprime qu’avait su gommer le dynamisme de ce petit homme au crâne déplumé.

Ingénieur à la retraite, il a de réelles compétences dans le bâtiment et c’est lui qui va superviser la reconstruction des cases sur des bases plus solides. Les cases en bois seront bâties sur des socles de ciment surelevés afin que les prochaines inondations ne transforment pas ce village en morne plaine dévastée. On va acheter du matériel sur place (bétonnière, ciment, sable, truelles, pelles etc.) et Gabriel formera 15 jeunes garçons du village pour construire ces dalles de ciment. La transmission du savoir est un élément important de l’action car il vaut mieux apprendre à quelqu’un à pêcher que de lui offrir un poisson.

LCM et France 3 s’associent à la démarche et je trouve cela génial de leur part. Bertrand Bigay, le directeur d’LCM avait même demandé à ses équipes de travailler sur un bandeau (voir video) qui passera dans chaque émission de “Délit d’Initié“ et Marc Ripoll, le directeur de France 3 Méditerranée m’a donné son accord hier soir pour que je puisse faire la promotion de l’opération dans les émissions enregistrées en janvier. Cool… Merci à eux 2.

Chaque case coûte 50 €. CINQUANTE EURO ! Pour cette somme, vous mettez à l’abri une famille de 8 personnes alors s’il vous plaît… Vous me faites un chèque à l’ordre d’Urgence Afrique (50% seront déductibles de vos impôts) et vous l’envoyez à LCM, “Opération Togbota“, 37, rue Guibal 13003 Marseille ou à France 3 Méditerranée, Allée Ray Grassi 13008 Marseille à mon attention.

Je repartirai à Pâques avec Anne-Laure sur place afin de voir et filmer la reconstruction du village et la bonne utilisation de vos dons.

Merci de votre générosité.

Je n’irai pas à Disneyland…


Publié par jeff le 15 déc 2010 / 1 Commentaire
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J’ai baissé mon froc. Je ne participerai pas à “Koh Lanta Disneyland“ comme je l’avais annoncé ici même. J’ai annulé mes billets en perdant 25% d’arrhes mais tant pis : j’évite, au mieux des maux de tête et au pire, la prison ferme. J’ai réalisé que je n’avais pas besoin de cela en ce moment alors que je prenais une douche. Et oui… la lumière peut venir vous toucher là où on s’y attend le moins.

J’étais donc sous le jet d’eau chaude qui provoquait une épaisse fumée dans la salle de bain quand j’entrepris de me laver les dents. Alors que je commençais un brossage minutieux de mes pré-molaires, j’ai senti comme un goût bizarre dans ma bouche : j’étais en train de me laver la bouche avec le shampooing de ma fille. Outre le fait que j’ai exhalé la camomille pendant une bonne partie de la matinée, cela m’a surtout permis de comprendre que j’avais besoin de repos et non de prises de tête. La dernière épreuve fut d’avertir “El Vesuvio“ que je ne la rejoindrai pas à Paris… Et alors là… Son accueil fut à la hauteur de mes attentes et la réaction de “mon italienne“ ferait passer “Space Mountain“ pour une vulgaire attraction de fête foraine.

Enfin, c’est fait. J’ai évité le pire. Mais vous savez quoi ? Elle m’a rappelé pour me proposer de décaler le séjour au Printemps…

“Talents“ avec Nathalie Arini


Publié par jeff le 13 déc 2010 / 1 Commentaire
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