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Archives / avril 2011

Un retour mouvementé


Publié par jeff le 30 avr 2011 / 1 Commentaire
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La dernière journée à Cotonou s’est déroulée de manière cool… Trop chaud. Trop humide. Nous avons tenté une sortie à découvert sur 500 mètres mais nous étions en nage au bout de 20 mètres. Nous sommes rentrés bien vite à notre “garage/hôtel/hangar“ puis maillots de bain et on s’est tanqués dans une piscine où nous étions les seuls occupants. Je ne sais pas pourquoi mais j’avais un pressentiment : se ressourcer avant de repartir. J’ai eu raison.

A 19h00 Eugène, notre ami béninois est passé nous récupérer pour aller dîner avant notre départ prévu à 23h05 (admirez la précision des horaires d’Air France). Il nous annonce qu’il “paraît que l’avion qui devait effectuer la liaison Paris-Cotonou a eu des problème et que le vol serait retardé d’une heure“. 1 heure ! Bon… Soit… Allons dîner en prenant notre temps : direction le Pili-Pili, le restaurant traditionnel béninois où nous avons l’habitude de diner le dernier jour avant de prendre l’avion. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris mais j’ai commandé du poulet “pili-pili“, du nom de cette épice pimentée très forte. Erreur. Je le paierai très cher, notamment d’un caleçon.

Arrivés à l’aéroport, nouvelle annonce : embarquement prévu à 00h45, puis 1h15… puis 1h30… et enfin, nous embarquons à 2h00 du matin heure locale. Nous avons attendu avec 300 passagers dans une salle d’attente non climatisée, avec 2 toilettes sans lumière, sans papier toilette, sans cuvettes… Une horreur pour moi qui avait les intestins retournés par ce putain de pili-pili. J’en ai encore des crampes dans les cuisses (vous avez essayé de vous tenir accroupi en l’air afin de ne pas être en contact avec la faïence souillée d’une cuvette de WC public ?). J’y suis allé 3 fois avec des lingettes démaquillantes qu’Anne-Laure avait heureusement sur elle. Tout ça dans l’obscurité la plus totale. Un pied en appui pour empêcher la porte de s’ouvrir, l’autre en extension pour garder un semblant d’équilibre… essayez de viser juste avec ça… Je ne suis pas champion de biathlon et j’ai fait ce que j’ai pu. En tous les cas, je me sens prêt à participer à Kho Lanta. Les doigts dans le nez.

Une fois installé dans l’avion, rebelote. Mon envie me reprend mais une voix indique qu’on ne peut pas se lever tant que le signal “attachez votre ceinture“ ne s’éteigne. Je reste fixé sur ce putain de signal. Je sens le pili-pili qui est en train de transformer mes intestins en Fukushima miniature. Si le voyant ne s’éteint pas, c’est la contamination à grande échelle. Il s’éteint ! Je me rue sur les toilettes avec une dextérité qui ne peut que paraitre louche aux autres passagers qui m’observe bondir vers la porte des toilettes (surtout que je tiens à la main un paquet de lingettes démaquillantes). Tant pis : au diable l’amour propre ! Je dois sauver un bermuda Tommy Hillfiger.

Nous sommes arrivés avec 5 heures de retard à Paris et bien entendu, nous avons loupé notre correspondance pour Marseille. Attente de 3 heures à l’aéroport avec, comme dédommagement, un sandwich et un Coca offert par Air France pour s’excuser…

Arrivés à Marseille les enfants ont retrouvé leur maman et se sont battus pour raconter un maximum d’anecdotes en un minimum de temps.

J’ai chaussé mes baskets et je suis parti me dérouiller les jambes sur la Corniche. Respirer de l’air “frais“, faire couler de l’eau du robinet et surtout : pouvoir en boire ! Je reprends goût à la civilisation. Un appel de la maman d’un jeune garçon que j’aime bien et qui suit mes aventures à la TV avec assiduité m’invite à passer à son anniversaire pour lui faire la surprise. Je suis carbonisé mais j’aime beaucoup cette famille alors j’achète un cadeau et je m’y rends. Cela me fait plaisir de le voir tout heureux de me présenter à tous ses amis.

21h30 : rideau. Je n’en peux plus et je rentre me coucher. J’ai mis une couche, au cas où…

Une lagune rien qu’à nous


Publié par jeff le 29 avr 2011 / Aucun Commentaire
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Mercredi, départ pour Grand Popo, à la limite de la frontière avec le Togo. Nous avons séjourné dans une auberge sur la plage, sous les cocotiers. La mer est vraiment dangereuse ici et je comprends pourquoi il y a tant de morts chaque année. D’ailleurs, très peu de personnes se baignent. Comme je le disais hier, les noirs ne savent pas nager et il faut s’appeler Laure Manaudou pour ne pas mourir noyé. J’ai essayé de piquer une tête à Grand Popo. Résultat : j’ai perdu mes Persol car j’ai été violemment emporté par une vague qui a dérobé le sable sous mes pieds pour m’attirer en arrière. Impressionnante force aquatique ! Tout peut basculer rapidement et la baignade tranquille peut très vite se transformer en drame. J’ai immédiatement décidé de quitter la plage et interdit aux enfants de se baigner. Direction : la piscine de l’auberge. Moins risquée.

Après déjeuner, nous avons loué une pirogue pour faire un grand circuit, visité un village vaudou qui a captivé les enfants, un autre village où les habitants fabriquent du sel et enfin, baignade aux Bouches du Roi… Vous auriez vu le paysage dans lequel on s’est baigné ! Magique. De l’eau chaude, une île de sable jaune rien que pour nous et les pêcheurs aux alentours qui lançaient leur filet dans un geste gracieux et précis. Nous n’arrivions pas à partir de cet endroit magnifique car nous y étions trop bien. Mais tout à une fin… Dodo puis réveil pour partir vers Bopa, une ville où Urgence Bénin a des activités. Enfin… on devait y aller… Un chauffeur devait nous prendre à 9h00 mais… C’est l’Afrique. Après avoir passé 2 heures dans le hall de l’Auberge à attendre notre chauffeur fantôme, nous avons décidé de partir et de rentrer sur Cotonou. Tant pis pour Bopa. Il est finalement arrivé, a-t-on appris, à 11h45…

A Cotonou, nous avons visité le marché de l’artisanat puis une exposition de masques africains pour Lisa alors que Bastien et moi avons filé à l’Hôtel du Port pour se baigner avant qu’un orage ne se déchaîne au-dessus de nos têtes.

Demain, c’est la dernière journée au Bénin…

A la découverte de Porto-Novo


Publié par jeff le 28 avr 2011 / 19 Commentaires
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Mardi, nous sommes partis à Porto Novo, la capitale administrative du Bénin que je n’avais jamais visité. 1 heure de route en taxi brousse (un Traffic Renault) où nous sommes rentrés à 20 ! Nous étions, là-encore, les seuls blancs. Il faut dire qu’il n’y a pas beaucoup de blancs au Bénin. Le tourisme est inexistant car le confort trop rudimentaire. Le réseau routier est partiel et le rare macadam est percé de trous que les voitures tentent d’éviter (c’est pour cela que le béninois roule au milieu). Il n’y a pas de tissu commercial où on l’entend mais des vendeurs ambulants et des cabanes en plein air qui vendent un peu de tout : cartes téléphonique, chaussures, biscuit, farine, riz… Les stations service sont concurrencées par des vendeurs d’essence de contre-bande provenant du Nigéria et il y a peu de restaurants mais des “makis“ tous les 20 mètres : petites échoppes tenues par des femmes qui vendent des assiettes de riz et de l’ananas.

Il existe quelques hôtels pour les hommes d’affaires de passage et des résidence de standing pour ceux qui vivent et travaillent sur place mais les blancs ne se déplacent pas sans chauffeur alors quand on en voit un “comme nous“, c’est l’étonnement général. Mon fils parfois hurle : “papa, j’ai vu un yovo !“ comme s’il avait aperçu une girafe en train de se déplacer sur la Canebière.

A Porto-Novo, nous avons visité le musée de l’esclavagisme et nous n’étions pas très fiers d’être français devant les horreurs commis par nos ancêtres. Notre guide était une femme en boubou qui tenait son enfant dans les bras : original ! (voir photo)

Après un déjeuner au jardin des plantes en compagnie d’un singe qui adopta très vite mon fils, nous avons visité une ferme agricole en plein cagnard. 90% d’humidité, une horreur. Rentrés sur Cotonou, nous nous sommes précipités à l’Hôtel du Port où nous nous sommes baignés jusqu’à 21h00. Qu’il était bon ce bain ! La journée avait été éprouvante mais les enfants ont tenu bon. Une journée de plus à leur actif.

Nous étions les seuls “yovos“ de la piscine et ce qui est amusant, c’est de s’apercevoir que les noirs ne savent pas nager. Ils restent tous accrochés au rebord du bassin qu’ils agrippent pour se déplacer. Ils étaient sidérés de voir mon fils de 7 ans, plonger et nager, fier comme Artaban de montrer que “lui, savait nager“. Mon petit Homme blanc au milieu d’un gigantesque bassin et tout autour de lui, comme les spectateurs d’un Marineland, les locaux qui le regardaient avec étonnement et amusement.

Dîner au bord de l’eau en compagnie des moustiques puis… dodo dans notre gourbi.

Coup de tonnerre à l’Anchrage de l’Océan !


Publié par jeff le 28 avr 2011 / Aucun Commentaire
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Je ne m’énerve pas souvent mais quand cela arrive, ça a tout de suite de sérieuses conséquences ! Lundi soir, alors que nous rentrions à l’hôtel, son patron, Monsieur Koffi (l’ancien patron de Wilfried, vous suivez ?) m’a encore demandé à me voir pour parler “facture“. Du matin au soir, ce type ne pense qu’à une chose : à son argent. Cela fait pourtant 3 ans que je viens dans son hôtel et que des liens “amicaux“ se sont tissés entre lui et moi mais c’est plus fort que lui : dès qu’il vous voit, il vous demande si vous restez bien le soir et il ajoute “il faudra que l’on se voit pour régler les problèmes de facture car mon comptable me court après“. C’est sa grande phrase : “mon comptable me court après“. En fait, Wilfried (qui a démissionné suite à une entourloupe de Monsieur Koffi et qui a été suivi par 20 remplaçants qui ont, eux aussi, tous démissionnés) nous a expliqué qu’il n’avait pas de comptable mais que c’était un artifice vocabulaire pour réclamer son argent à ses clients.

Bref, je ne vais pas vous la faire dans le détail mais je m’assois face à lui et je commence à lui demander pourquoi, du matin au soir, il n’avait qu’une obsession : nous réclamer son argent alors que nous restons 1 semaine chez lui et que nos bagages et mon précieux ordinateur sont dans la chambre. Il me dit que “c’est mon comptable qui me court après mais tant pis, je ferai l’avance de ma poche et vous me rembourserez plus tard…“. Je décide de me le payer. Je suis à bout. Cela a commencé de m’agacer au cours du diner que j’avais passé la veille avec Wilfried. Il m’avait conté dans le détail les conditions d’esclave dans lequel son patron l’avait tenu et cela n’avait pas arrangé mon opinion sur le personnage. Wilfried travaillait du matin au soir et dormait sur place ; pas dans une chambre, grand Dieu non ! Mais sur une paillasse disposée à même le sol derrière le bar. Demandant en permanence à Wilfried si les clients lui avait donné des pourboires (qu’il comptait bien déduire alors de son salaire), Monsieur Koffi n’était rien d’autre qu’un négrier moderne. Un nègre négrier, le comble.

Je lui demande de quel comptable il parle et de la raison pour laquelle il le “poursuit“. C’était bien lui le patron de l’hôtel et son comptable n’était donc qu’un employé, non ?

- “Pourquoi vous demande-t-il de l’argent, le mien en l’occurrence Monsieur Koffi ? Qu’est-ce que vous me racontez ?“

- “Ce sont mes affaires et cela ne vous regarde pas !“ me répondit-il alors sèchement, acculé qu’il était et surpris par mes questions, légitimes.

- “Je veux bien Monsieur Koffi mais il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles. Pourquoi me demandez-vous de régler 3 nuits d’avance alors qu’habituellement, vous exigez d’être payé jour par jour ? Il n’est pas question que je vous règle 3 nuits d’avance. Qui plus est est, vous avez oublié de noter que je vous avais déjà réglé la première…“

- “Non ! Non ! Vous n’avez rien réglé du tout ! C’était une avance !“

La mauvaise foi de cet homme était telle que tout est parti en brioche à partir de là. Je lui ai vidé mon sac, le traitant de malhonnête (il coupe la clim volontairement pour faire des économies et prétexte ensuite une panne d’électricité et des problèmes de tensions alors que la lumière fonctionne. Comme par miracle, la clim remarche à partir de 20h30 ! J’ai compris le truc quand j’ai vu la télécommande de l’appareil disparaitre de la chambre. Je m’en suis inquiété et il m’a répondu que nous n’en avions pas besoin !). Bref, à la fin de notre engueulade, il me dit :

- “Si vous n’êtes pas content, vous pouvez partir !“

- “Ah oui ? Et bien je fais mes valises immédiatement. Mais à ce rythme là, il ne va plus rester beaucoup de clients (nous étions les seuls de l’établissement) ! Il faudrait être un peu plus généreux et commerçant si vous voulez être hôtelier“.

Et me voilà à 20h00 annonçant à mes enfants que nous quittions l’hôtel. “On va où ?“ me demanda mon fils ? “Je n’en sais rien…“

J’ai appelé mon ami Wilfried (j’ai des amis partout, c’est pas beau ça ? Même perdu le soir dans un pays du Tiers Monde, j’ai encore de la ressource !) qui m’a dit (trop content que j’ai réglé son compte à son ancien tourmenteur) : “j’arrive dans 10 minutes !“. 1 heure après (l’équivalent de 10 minutes en Afrique), il est arrivé avec son grand sourire pour me venir en aide.

Nous avons atterri dans une “auberge“ où je n’aurais jamais accepté de dormir si je n’avais pas été dans la panade : je ne vais pas vous la décrire par le menu détail. Les portes des chambres (voir photo) sont en fait des portails géant en métal qui se ferment avec deux gros loquets. Il n’y a pas d’eau et on se lave à l’aide d’un seau, les portes ne ferment pas mais… il y a la clim ! Qui fait le bruit d’une moissonneuse batteuse en plein travail mais cela suffit : je suis trop content d’avoir trouvé une solution à mon problème grâce à Wilfried. La patronne de l’établissement n’en revenait pas : 3 blancs dans son établissements, du jamais vu !

Nous nous sommes endormis en 5 mn après nous être lavés les dents près d’un robinet sortant d’un mur. C’est l’Afrique ! Pleine de surprise !

Une nuit à Togbota


Publié par jeff le 26 avr 2011 / 1 Commentaire
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Notre arrivée au village était attendue ! Depuis le matin, les enfants nous guettaient au débarcadère. Une nuée d’entre eux nous entouraient et examinaient de près ces 2 petits “yovo“ (blancs) blonds aux yeux bleus. Lisa semblaient enchantée et n’arrivait pas à rendre tous leurs sourires aux enfants du village, quant à Bastien, il semblait plutôt tétanisé, tête baissée, il regardait ses pieds pendant que les enfants se battaient pour lui prendre la main. Il m’a alors dit “mais pourquoi ils me prennent pour une star ? Je suis pas Michael Jackson !“. Les petits du village ne parlent pas tous correctement le français alors ils utilisent la phrase qu’ils connaissent le mieux comme une sorte de tentra : “bonjour, comment t’appelles-tu ?“ et mes enfants de répondre 100 fois par jour “Bastien“ ou “Lisa“. “Bachtien“ d’ailleurs, car ils n’arrivaient pas bien à prononcer son prénom et ils éclataient souvent de rire en s’essayant à le dire, ce qui vexait mon fils qui pensait qu’on se moquait de lui… Je lui ai expliqué alors que c’était juste “étrange“ pour eux comme prénom et que la moquerie ne faisait pas partie de leur code génétique.

Nous avons fait le tour du village, visité toutes les cases où nous avions passé des moments heureux, retrouvé des enfants grandis et des visages familiers. Que du bonheur. Après une nuit de sommeil profond, nous avons été réveillés à 6h30 par les coqs et les cochons sauvages. Nous sommes partis observer les singes dans la forêt puis Anne-Laure avait amené de la peinture et un drap immense que les enfants ont peint dans la case des enfants sous la direction énergique de ma fille.

Nous avons visité le chantier des cases en reconstruction et posé les 2 premières “plaques“ des personnes ayant financé la reconstruction du village : ma maman et Bertrand Bigay (patron de la chaîne LCM). Le reste suivra, je vous rassure et vous aurez de mes nouvelles.

Nous sommes allés aussi au dispensaire qui a été entièrement repeint et enfin nous avons pêché en pirogue… Nous étions bien fatigués à la fin de la journée mais il a fallu rentrer en “zem“ (taxi motocyclette) puis en taxi brousse : Anne-Laure est partie devant avec Bastien et Lisa (4 sur une pétrolette pour 1 heure de trajet) et quant à moi, j’ai du attendre qu’un zem vienne me chercher avec la cousine d’Anna (1 heure d’attente sur le bord de la piste). Ensuite, cela a été le taxi brousse : une autre épreuve puisque nous nous sommes entassés à 7 adultes + 2 enfants dans un véhicule de la taille d’une 307. Oui, vous ne rêvez pas, c’est possible. J’avais une petite fille sur mes genoux qui ne trouvait rien d’étrange à la situation, quant aux autochtones, ils se demandaient ce que 2 blancs faisaient parmi eux.

Quand on a regagné notre hôtel, je ne peux pas vous dire le bonheur que cela a été de tourner le robinet et de voir couler la douche (de l’eau froide puisqu’il n’y a pas de robinet d’eau chaude). Nous avions le visage rouge de terre ocre. Wilfried, mon ami béninois qui travaillait auparavant dans l’hôtel où je séjournais nous a rejoint et nous sommes allés fêter nos retrouvailles autour de hamburgers colossaux qui ont fait le bonheur des enfants. Bastien s’est endormi sur la table et nous sommes rentrés nous effondrer dans nos lits pour une longue nuit de sommeil réparatrice.

Je suis fier d’eux, de ce que j’ai vu dans ce village. Ils auraient pu passer leur temps à râler de la chaleur, de la faim, des insectes et de la promiscuité mais non… Ils découvraient quelque chose d’incroyable et avaient leurs yeux grands ouverts. Je les observais en train d’enregistrer tout cela dans leur mémoire, pour plus tard. Ils ont compris beaucoup de chose dans le village : que l’eau, l’électricité, le confort, sont des biens précieux mais qu’il existe une plus grande richesse : la gentillesse et la générosité de ceux qui n’ont rien.

Première journée et déjà, on apprend…


Publié par jeff le 25 avr 2011 / Aucun Commentaire
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Arrivée dans la chambre, nous sommes accueillis par un cancrelat de la taille d’un sumotori. Ma fille hurle en disant que “jamais elle ne pourra dormir ici“… Ça commence. C’est ce que je craignais. En fait, c’est ce que je souhaitais. Qu’elle découvre un peu la “vraie vie“, elle qui passe son temps libre devant Disney Channel et ses séries aseptisées tournées en studio hollywoodien.

Je dédramatise mais sitôt passée la porte de la “salle de bain“ (nom donné à la pièce qui dispose d’un robinet d’eau), il y en a trois, tout aussi énormes qui semblent ce demander ce que ces 3 intrus font dans “leur“ chambre. Je m’arrange pour les faire disparaître au fond de la cuvette des WC avant que ma fille ne les aperçoivent. Manque de pot, elle les verra quand il ira uriner : re-hurlement. J’avais pourtant tiré la chasse d’eau mais les cancrelats étaient des sortes de Bousquet et Manaudou du règne animal. Insubmersibles. Ils ont fini par partir après 4 ou 5 tirages. Bon voyage…

Après une bonne nuit de sommeil, réveil matinal et petit déjeuner sous le haut vent en compagnie des lézards de couleurs. Pain local, beurre (qui a vite pris la consistance de l’huile), confiture de carambole et de mangue et jus d’ananas. A midi, nous allons déjeuner chez Eugène, notre ami béninois qui vient d’avoir un petit bébé qui  a fêté ses 1 mois il y a 2 jours. Ensuite, ce sera le départ pour Togbota où tout le village nous attend. Lisa angoisse (c’est sa qualité première, comme sa maman) de dormir dans une case qu’elle va devoir partager avec des insectes en tout genre… mais tant pis. Je suis content de cela : ils se rendent déjà compte que la vie ici n’est pas simple. Ils ont soif ? Oui, mais ils ne peuvent pas ouvrir le robinet pour boire de l’eau. Ils ont chaud ? Il n’y a rien à faire. Ils ont faim ? Mangez de la vache qui rit ou prenez de la confiture de carambole. “Nan, on aime pas. Y’a pas de céréales avec du lait ?… Fouyouyou… ! Y’a rien ici !“ Non, il n’y a pas grand chose, c’est vrai mais peut-être que vous comprendrez ainsi la chance que vous avez de vivre en France.

Après le petit déjeuner, nous sommes partis voir la mer tous les 3. La mer est dangereuse à Cotonou et 7 enfants viennent de mourir noyés sans qu’on ait retrouvé les corps. Nous nous sommes donc contentés de regarder l’Océan quand un homme s’est arrêté pour nous saluer.

- bonjour ! Ça va bien ?

- oui, oui, merci (réponse polie du type qui ne sait pas trop à quoi s’en tenir, pétri de réflexes occidentaux qui lui conseillent de se tenir à distance de ce curieux personnage qui ose dire bonjour alors qu’il ne nous connait pas).

- c’est beau la mer, non ? C’est Dieu qui a créé tout ça ! Vous vous rendez compte la gentillesse !? Et c’est nous les hommes qui en profitons ! On a de la chance vous ne trouvez pas !?

- … oui, c’est vrai, vous avez bien raison (réponse du type qui est tombé de son cheval et qui ne sait plus trop quoi dire face à cette vérité que vient de lui tartiner gentiment ce monsieur qui s’éloigne déjà).

- Dieu est grand ! Allez, à tout à l’heure…

On ne la pas revu mais c’était un beau moment. Un de ceux que j’étais venu chercher et que j’ai eu la chance de partager avec me enfants. S’en suivit un intéressant débat avec eux sur le thème des beautés de la Nature, que nous, les hommes “évolués“, ne savions plus regarder.

En partant, nous nous sommes faits aborder par un deuxième homme qui nous accosta pour nous demander ce que nous allions faire du sac en plastique que je portais. Dans le sac “Paul“, restait un gâteau au chocolat acheté à Roissy Charles de Gaulle que Lisa n’avait pas mangé. J’avais pris le sac pour le jeter dans une poubelle en oubliant une chose : il n’y a pas de poubelles à Cotonou et tout se jette dans la rue.

- vous allez jeter le sac, là ?

- oui, pourquoi ?

- il y a quoi dedans ?

- un gâteau au chocolat.

- je peux le manger ?

- oui mais il est d’hier… (et lui tendant le sachet)

- merci beaucoup, Dieu vous le rendra !

Et il s’est éloigné avec mon gâteau “d’hier“ que j’allais jeter alors qu’il a régalé le ventre d’un nécessiteux local. Deuxième leçon de vie pour mes minots… Décidément, ils vont en apprendre des choses ici. Moi aussi, du reste…

From the plane


Publié par jeff le 24 avr 2011 / Aucun Commentaire
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C’est le plus beau de mes voyages au Bénin, je le sens. Le plus joyeux aussi. Aller là-bas avec mes enfants et mon amie Anne-Laure que j’ai rencontré… lors de mon premier séjour en 2009 ; j’ai l’impression de boucler la boucle. J’ai aussi l’impression que ce sera mon dernier voyage sur place. Le monde est vaste et j’ai envie d’utiliser le peu de temps libre dont je dispose pour le découvrir. Bien sûr, je n’oublierai jamais mes amis et les enfants que j’ai sur place (quand je dis “mes enfants“, c’est une image… non mais je préfère être clair) et je continuerai à collecter des dons pour leur envoyer sur place mais je crois que je n’irai plus.
Anne-Laure non plus. On en a discuté, elle est jeune et a très envie de voyager elle aussi. Elle a beaucoup donné à ce pays et elle a désormais des envies d’Asie… Elle est au top cette nana et ceux qui la connaissent ne diront pas le contraire.
Je n’ai toujours pas la tête en vacances et je n’ai préparé ma valise (en oubliant un tas de choses) qu’hier soir. J’ai travaillé jusque dans la salle d’embarquement de l’aéroport et ce n’est qu’une fois arrivé à Cotonou, que je me mettrai en off. Impossible avant, je suis comme cela… Alors heureusement qu’Anne-Laure voyage avec nous. Elle a bâti un programme depuis 2 mois, jour par jour, heure par heure. Je n’ai à m’occuper de RIEN. Je ne savais même pas où nous dormions ce soir et ce que nous faisions ce week-end et les autres jours jusqu’à il y a quelques minutes. Bien sûr, elle m’avait envoyé un tas de mails pour me demander mon avis sur son programme et nous en avions parlé maintes fois mais tout était rentré par une oreille pour en sortir de l’autre côté. Une vraie passoire. Mais elle ne m’en veut pas. Elle est même plutôt contente de prendre les reines et de voir que je suis, sans broncher, son itinéraire. En vacances, je suis plutôt GM alors qu’Anne-Laure a raté sa vocation : elle aurait été une excellente GO au Club Med.
Nous sommes à 11 500 mètres d’altitude et nous volons à la vitesse de 885 km/h vers ce pays chaud où nous sommes tant attendus. J’ai voulu commencer ici le récit de mon voyage car je ne sais pas si j’aurais beaucoup de temps à moi compte tenu du programme dantesque qu’a imaginé Anne-Laure.
Ce soir nous dormons à l’hôtel de “l’Ancrage de l’Océan“ de Cotonou où j’avais posé mon sac il y a 2 ans. C’est un tout petit hôtel sans confort véritable mais j’avais sympathisé avec le patron et surtout son employé Wilfried, son homme à tout faire. J’ai gardé des liens très forts avec Wilfried et c’est avec joie que je vais le retrouver.
Je vais retrouver dans moins de 2 heures, le petit patio protégé du soleil par des branchages séchés et je boirai un jus d’ananas frais. Chaque matin, je dégustais ce breuvage en compagnie de Wilfried. Nous sentions la chaleur arriver sur nous, puissante comme un four à pyrolyse, et on pensait au soir que nous passerions ensemble en sirotant un autre jus d’ananas frais que je lui offrais. Même les lézards semblaient fatiguer de la journée qu’ils avaient passé sur les murs défraichis du petit hôtel. Le soir, nous reprenions nos places et nous commencions la palabre africaine, parlant de tout et de rien. Parlant de la vie. De nos vies. Si différentes.

Vendredi, c’est le départ


Publié par jeff le 19 avr 2011 / 1 Commentaire
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Je suis tout excité ! Mes premières vacances depuis août dernier ! Enfin, ce ne sont pas vraiment des vacances au sens où je l’entends mais la coupure avec Internet et les portables sera la bienvenue. Quoique… j’emmène mon ordinateur et mes téléphones pour rester joignable car un journal, ça continue de vivre même en vacances. Je suis heureux de voir que l’équipe que j’ai constituée fonctionne bien et je ne me fais pas de soucis pour mon absence.

Je vais retrouver mes amis béninois et surtout… je vais leur présenter mes 2 enfants. Ils n’ont jamais vu d’enfants blancs et encore moins avec des cheveux blonds et des yeux bleus. J’avais fait une promesse à ma fille et mon garçon après y avoir été il y a 2 ans. J’étais parti sans leur dire où j’allais… J’avais besoin d’une petite retraite et ils me croyaient parti en Chine. Ma fille m’en a beaucoup voulu et je lui ai alors fait la promesse qu’un jour je les emmènerais voir ce que j’ai découvert sur place : l’humanité, la gentillesse, le manque, le besoin, la vie au sens brut. Là-bas, la vie, la mort sont des choses simples qui viennent rythmer le quotidien des habitants.

Je vais essayer, en très peu de temps, de leur faire découvrir le maximum de cette humanité qui habite les africains. Je voudrais qu’ils comprennent à leur niveau ce que j’ai mis tant de temps à regarder. Qu’ils en prennent plein les yeux et le cœur.

J’essaierai de poster quelques videos quand je serai sur place afin de vous faire vivre mon voyage avec eux.

Départ vendredi matin, arrivée le soir à 23h00.

I am a poor lonesome cow-boy…


Publié par jeff le 15 avr 2011 / Aucun Commentaire
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Hier, je suis allé à Arles (et non pas “en Arles“, comme beaucoup font la faute se pensant plus intelligent que tout le monde) avec une équipe légère de France 3 pour réaliser l’interview d’un restaurateur de calèches ainsi que l’organisateur d’un grand défilé de calèches le dimanche 24 avril à Arles durant la Feria. Pour l’occasion, je m’étais habillé de circonstance : grand manteau de vacher, chapeau de cow-boy Toy’R Us… j’étais impressionnant et les chevaux n’ont pas moufté.
A midi, nous avons tourné dans un restaurant, un petit sketch savoureux qui figurera dans le reportage que je vous montrerai ici dès qu’il sera diffusé par France 3 Méditerranée.

Ce week-end : Paris et dans une semaine, je serai dans l’avion pour Cotonou. J’ai hâte d’y être et mes enfants aussi. Je reçois des appels de tout le village pour me demander “quand j’arrive ?“ et je sens que les retrouvailles vont être chaleureuses.

Talents chez “June“


Publié par jeff le 12 avr 2011 / Aucun Commentaire
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Talents avec “June“ par BrokenArmsCompany

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