Une carte postale de Vaison la Romaine pour… par BrokenArmsCompany
Une carte postale de Vaison la Romaine pour… par BrokenArmsCompany
Georgiana, la sympathique cuisinière qui avait été finaliste de la première saison de “Masterchef“ sur TF1, vient de poser ses valises à Marseille. “L’atelier de Georgiana“ est situé 19 rue Saint Jacques dans le 6e arrondissement de Marseille et sur place, elle vous fera une formule pour le midi à… 10 € ! Un plat cuisiné devant vous pour ce prix là, il faudrait être fou pour aller chez Quick. Dans son atelier, Georgiana y donne également des cours de cuisine pour les grands et petits le soir, les mercredis et samedis après-midi.
J’ai eu la chance qu’elle me fasse un menu spécial rien que pour moi et une amie avec qui je suis allé lui rendre visite : un menu tout simple mais délicieux préparé sous nos yeux émerveillés. Le moindre de ses gestes attirait des “oh !“ et des “ah !“ d’admiration. Comble du bonheur, je l’ai pistonnée sur l’appartement qui vient de se libérer sur le palier de l’immeuble dans lequel j’habite et elle va y emménager dans les prochains jours !!! Vous vous rendez compte de ce que cela signifie ? Je vais manger autre chose que des pâtes et mes enfants vont retrouver des couleurs !
Viva Giorgiana !

Edito du 26 octobre 2011 pour News Of Marseille.
Ça m’est tombé dessus sans que je m’en aperçoive. D’un coup. Tout a commencé chez le réparateur de mon scooter dont je tairai la marque par souci de discrétion. Alors que je prenais livraison du véhicule acheté d’occasion pour une somme modique, la conversation a dérivé comme bien souvent avec moi.
J’expliquais à l’homme aux doigts recouverts de graisse noire que j’en avais marre de me faire voler de grosses cylindrées (2 en 1 an) et que c’est pour cela que je m’étais décidé, malgré moi, à passer à un 125 cm3 dont l’état de délabrement, je l’espère, tiendra éloignés, les canailles et autres brigands que notre belle ville de Marseille couve d’une bienveillance coupable.
C’est alors qu’il m’a expliqué à voix haute et sans gêne aucune que “y’en a marre de cette ville. Vous voulez que je vous dise ? Y’a trop de “gris“… Ils sont en train d’envahir tout Marseille. Même là où j’habite, c’est fini… et pourtant c’est un beau quartier, hein ?! Et bien même là, y’en a partout. Je sais pas comment ça va finir tout ça mais je crains le pire… Bon allez, vous pouvez monter sur votre machine, elle marche impec vous allez voir, vous serez pas déçu !“. Lui et moi ne le savions pas, à cet instant de notre passionnante conversation, mais nous devions nous retrouver le lendemain à peu près à la même heure, mon scooter refusant obstinément de démarrer. J’ai du le pousser sur 1 kilomètre pour le ramener à mon “mécano“ aux doigts noirs (j’eusse préféré qu’ils soient d’or) qui fut bien surpris de me voir revenir si tôt chez lui. L’expression “travail d’arabe“ en prenait un sacré coup dans l’aile grâce à cet authentique marseillais de souche. Mais revenons au déroulement de la veille (j’espère que tout le monde arrive à suivre ce récit abstrus et que je n’ai perdu personne en route à cause de mes digressions itératives).
Tout heureux d’être à nouveau motorisé, je me dirigeais d’une roue joyeuse chez mon dentiste pour y subir une petite intervention destinée à conserver un sourire qui est rare mais nitescent quand un(e) magicien(ne) arrive à le faire apparaître. Là, dans la salle d’attente, l’arracheur de dents est venu discuter avec moi avant de me piquer méchamment la gencive avec une seringue qui aurait suscitée l’admiration et l’envie d’Amy Winehouse si elle avait eu la bonne idée de rester en vie. “Marseille part en brioche, tu trouves pas ?“ me demanda-t-il tout de go ? J’acquiesçais par conviction mais également par politesse car il ne faut jamais se disputer avec un dentiste avant de s’allonger dans son fauteuil motorisé. “Y’a trop d’arabes, c’est la folie. On les a laissés venir et regarde maintenant dans quel état ils ont mis la ville !“ Et moi de répondre :“oui, c’est sûr“. J’avais l’impression de faire un coming out.
Et j’en viens à l’objet de mon édito de cette semaine avant que les bonnes âmes et les redresseurs de tors ne pullulent ici comme autant de mouches sur de la viande avariée : les masques sont en train de tomber. Les barrières morales, les interdits que nous nous mettions ou tout simplement la bonne éducation qui nous apprenait à respecter nos différences et à accepter “l’étranger“ sont en train de s’effondrer. Il n’est plus rare d’entendre ce genre de discours et même d’y contribuer. Au niveau politique aussi, les choses changent : le Front National a désormais une femme républicaine à sa tête et un ancien socialiste comme président de son comité de soutien, des ministres se permettent des plaisanteries douteuses et l’UMP se dote d’une droite “populaire“ qui ne s’embarrasse pas de circonvolutions sémantiques pour appeler un chameau un chameau. Quant à la gauche, elle n’est pas vierge de toute critique quand on se souvient des saillies verbales de Georges Frêche. Les blagues ne sont drôles QUE si elles sont racistes et on ne supporte plus les différences chez “l’autre“ : le hallal, le casher et même le bio deviennent des sujets de discordes entre nous. Le bonheur est dans l’uniformité, mes bons amis.
J’assume le fait d’avoir acquiescé à la charge de mon dentiste, d’avoir véhiculé l’idée que“oui vraiment, y’en a marre. Les 2 voleurs de mes motos, arrêtés par la police, ont des noms aux consonances plus proche de l’Afrique du Nord que de l’Europe du Nord. Un continent de différence“. J’assume mais je n’en suis pas fier et disons-le carrément : honte.
Que se passe-t-il pour que nous devenions tous des “rhinocéros“ (pièce d’Eugène Ionesco) ? Cette pièce de l’auteur roumain dépeint une épidémie imaginaire de « rhinocérite », maladie qui effraie tous les habitants d’une ville et les transforme bientôt tous en rhinocéros. Cette pièce est une métaphore de la montée des totalitarismes à l’aube de la Deuxième Guerre mondiale.
Réveillons-nous les amis car on est en train de glisser sur un terrain dangereux. On ne peut pas laisser ces discours là se répandre. Cela me rappelle un livre lu récemment qui raconte l’immigration italienne à Marseille : j’y ai constaté que les mêmes discours reviennent, les mêmes idées racistes rendant responsables “les macaronis“ de tous les malheurs de la société de l’époque, alors en pleine mutation industrielle, refont leur apparition. Les “bougnoules“ ont remplacé “les ritals“ qu’on appelait aussi “les rats“… Même le vocabulaire a accompli sa révolution et les mêmes mots accompagnent les mêmes maux dans une ronde nauséabonde.
Il y a des causes à cela, toujours les mêmes aussi : la crise, le chômage, l’inquiétude face à l’avenir nous fait nous recroqueviller sur nous-même et alors, “l’autre“, “la femme voilée“, “le type en djellaba“, deviennent des suspects idéal pour un règlement de compte global. A eux l’addition.
Le soir de cette même journée, je dinais avec ma fille devant les informations qui montraient ce qu’ils voulaient bien montrer : de la peur en pixels, de la frousse en haute définition. A un moment, je l’ai entendu déclarer “moi, j’aime pas les musulmans“. “Ma fille devient un rhinocéros“, me suis-je dit consterné… Je lui ai alors expliqué calmement qu’elle était dans une école privée pour, justement, apprendre des valeurs universelles d’amour et de partage et que le discours qu’elle tenait allait à l’encontre de tout ce que sa mère et moi lui enseignons depuis qu’elle est née. J’ai continué à nettoyer son cerveau d’enfant de la pollution récoltée dans sa cour de récréation en développant que les musulmans qui se faisaient sauter sur des marchés pakistanais n’étaient pas représentatifs de la population de fidèles qui, eux, prie un Dieu prônant le même amour des autres que le sien.
Elle est restée campée sur ses positions décrétant “qu’il y a trop de problèmes avec les immigrés de toutes les façons“. Ses paroles ont provoqué chez moi une géhenne apocalyptique. Il me semblait que toutes les valeurs que je lui enseigne depuis sa naissance explosaient dans sa bouche de pré-adolescente.
J’eus soudain une idée : je lui ai demandé si elle aimait Filomena, notre femme de ménage qui s’occupe de nous depuis sa naissance et que nous considérons comme un membre à part entière de notre famille ? Si elle aimait Rachid, Soufiane, Yasmina, Reda, Tewfik, nos amis de confession musulmanes qu’elle voit chaque semaine ? Elle m’a alors fait cette réponse en forme d’aveu : “oui mais eux, c’est pas pareil“.
Je sens que la corne n’est pas encore complètement sortie et que l’on devrait pouvoir la sauver. Tout comme moi.
J’espère que cet autodafé sauvera mon âme et me permettra de penser plus intelligemment à l’avenir. La prochaine fois que j’entendrai mon dentiste ou mon garagiste parler des “gris“, je saurai ne pas me taire. Et vous ?

Pour la presse écrite, il y a une variante à cette locution si délicieusement prophylactique : le point d’interrogation. Placez-le à la fin d’un titre fracassant et vous êtes à l’abri des attaques en diffamation tout en obtenant l’assurance de doper vos ventes. Exemple : “Du nouveau sur la mort de John F. Kennedy : et si c’était un suicide ? Des témoins dévoilent, sous couvert d’anonymat, l’incroyable vérité !“. Je peux vous dire qu’avec un titre pareil, vous allez faire décoller les ventes. Pour ce qui est des témoins, précisez bien qu’ils sont anonymes. C’est très important.
Mais je vois à vos mines dubitatives que vous ne comprenez pas de quoi je parle (Kennedy n’est pas seulement le nom d’une corniche qui longe la mer Méditerranée à Marseille), aussi je vais prendre des exemples plus proches de nous car vous m’êtes sympathiques.
Dans l’affaire Karachi qui semble toucher Nicolas Sarkozy, il suffit de placer : “Si cela est vrai, alors Nicolas Sarkozy…“ et vous pouvez alors aligner sur quatre colonnes tous les griefs que vous voudrez à l’encontre du chef de l’Etat. Suivant le bord politique où vous vous situez, remplacez Nicolas Sarkozy par Dominique Strauss Khan, Jean-Marie Le Pen, Dominique de Villepin, Georges Tron ou même Jean-Noël Guérini. Mais attention à une chose : n’oubliez pas la petite phrase car sinon ce sera considéré comme de la diffamation et vous pourriez être condamnés par les tribunaux compétents, ce qui serait ballot.
Ce sont les plus belles inventions qu’on ait trouvées pour un journaliste : “si cela est vrai“, le conditionnel et le point d’interrogation. Trois armes redoutables pour qui sait les manier. Tout devient possible avec ces petites astuces de syntaxe, de conjugaison et de ponctuation. À vous la fortune ! Google va vous faire de gros virements et les annonceurs vont se bousculer pour vous acheter de l’espace publicitaire !
Pour doper le nombre de clics de News Of Marseille, j’ai décidé de m’y mettre aussi. Sans prendre aucun risque, je vais contourner habilement la loi tout en attirant encore plus de lecteurs. Tenez, regardez un peu ce que j’ai trouvé comme titres qui vont faire buzzer la toile :
- Jean-Noël Guérini aurait été arrêté en compagnie d’Ayman al-Zawahri, n°2 d’Al Qaïda, en plein go fast venant d’Espagne avec 1000 tonnes d’héroïne dissimulées dans la benne d’un camion poubelle. Si cela est vrai alors vraiment il convient de dénoncer un système gangrené… (tapez votre texte ici)
- Jean-Claude Gaudin, suite à la débâcle des sénatoriales, songerait à prendre la tête des Jeunes UMP pour rebondir et se donner une image plus “jeune“ avant les municipales de 2014. Il se serait abonné à Trace TV, aurait commandé un survêtement (sur mesure) chez Adidas et il organiserait tous ses déjeuners d’affaire au KFC de la Valentine. Si cela est vrai alors on peut se demander si… (tapez votre texte ici)
- Il paraîtrait que Patrick Menucci prendrait en cachette des cours de français auprès d’un enseignant du primaire. Si cela est vrai, alors on peut s’inquiéter… (tapez votre texte ici)
- Renaud Muselier, nouveau président de l’Institut du monde arabe, aurait déclaré lors d’une interview accordée à un quotidien arabe : “j’ai toujours aimé les Arabes et je suis très fier de diriger l’IMA. J’ai même décidé que désormais tous les plats seraient casher à la cantine de l’établissement.“ Si cela est vrai, il tendrait à confirmer que… (tapez votre texte ici)
- Gilbert Collard aurait accepté d’être la porte-parole de Marine Le Pen contre l’assurance d’être nommé PDG de France Télévision en cas de victoire du FN en 2012. Cet homme de télé (qui est aussi avocat durant son temps libre) aurait obtenu l’accord de la présidente du FN etc. Si cela est vrai… (tapez votre texte ici)
- Les laboratoires Wyeth-Lederle songeraient à racheter l’OM. Selon des sources bien informées (variante très efficace car si on vous demande qui sont les sources, vous pourrez vous réfugier derrière le secret professionnel ! Le top je vous dis !) ils songeraient à sponsoriser le maillot de l’équipe par son somnifère vedette Temesta. Si cela est vrai… (tapez votre texte ici)
Vous avez compris le principe ? Dire à peu près tout et n’importe quoi tant que vous n’omettez pas le point d’interrogation, le conditionnel ou des phrases comme “si cela est vrai“, “de sources bien informées“, “selon des témoins désirant conserver l’anonymat“. Après cela, vous êtes free to go comme on dit au pays des tabloïdes.
J’espère que ce petit cours de décryptage vous aidera à reconnaître une bonne info d’une coquecigrue. Parce que si tout ce que je viens d’écrire se révélait être vrai, alors ce serait très grave, non ?
Un bonus pour France 3 avec des couturières… par BrokenArmsCompany
Lorsque je suis allé à Nice pour enregistrer l’émission qui passera demain sur France 3, je suis tombé sur des couturières d’un genre un peu particulier… Après visionnage de cette séquence qui ne devait être qu’un bonus pour le site Internet, les producteurs ont décidé de la diffuser pendant l’émission diffusée lundi. Evelyne et Annie ont été charmantes avec moi et surtout… très patientes et plein d’humour ! (je précise que ces 2 jolies femmes célibataires sont sur le marché et qu’elles cherchent “grave“ un homme).
J’ai envie de vous parler de ma kinésithérapeute aujourd’hui. Suite au claquage de mon mollet droit il y a 7 semaines, je n’ai rien voulu faire dans un premier temps. J’espérais que la douleur disparaitrait d’elle-même grâce au génie du corps humain qui arrive à s’auto-guérir dans bien des cas. Hélas, pas cette fois-ci et c’est donc contraint et forcé que j’ai dû trouver dans un emploi du temps surchargé, une heure pour aller rencontrer un mandarin afin qu’il me prodigue une ordonnance de soins.
Je suis ressorti de son cabinet avec 10 séances de kiné à exécuter. 10 cases qu’il allait me falloir trouver dans ce même agenda plus chargé qu’une haleine de fumeur après un concert de reggae. Il ne me restait plus qu’à choisir le bon praticien qui saurait, avec force massage et exercices de rééducation, me remettre droit sur les 2 mollets.
Etant l’esclave du temps, j’ai choisi l’impétrant en fonction de sa proximité géographique. Après quelques appels téléphoniques infructueux, je tombai sur une femme qui acceptait de me recevoir sans rendez-vous 10 minutes plus tard. Un coup de veine pensais-je intérieurement. Tous les autres m’avaient proposé des consultations 8 jours plus tard ou bien à des horaires que seul un fonctionnaire municipale puisse accepter.
Je sonnais donc à l’heure convenue à l’adresse indiquée par les Pages Jaunes. Le cabinet était à côté de mon bureau et pas très loin de chez moi : l’idéal.
Une femme d’un certain âge m’ouvrit la porte et fut assez surprise de me voir. Je mettais cela de manière assez prétentieuse, sur le compte de ma notoriété. “Elle m’a reconnu“ fanfaronnais-je en mon fort intérieur. Ce n’est que lorsqu’elle me demanda de quoi je souffrais que je compris son étonnement. Un claquage au mollet du à une pratique sportive, voilà un symptôme qu’elle n’avait pas soigné depuis longtemps… Et pour cause. Elle m’expliqua qu’elle était spécialisée dans la kinésithérapie gériatrique et qu’elle était très étonnée de voir dans son cabinet un “homme si jeune“. Dans un premier temps, j’ai été flatté par le compliment et puis très rapidement, la flatterie a fait place à l’inquiétude. Saurait-elle me “réparer“ ? Je compris alors pourquoi il y avait tant de magazines “Point de Vue et Images du Monde“, “Tricot Magazine“ et autres “Voici“ dans la salle d’attente aux murs décatis.
Dans la salle de soins, des béquilles étaient accrochées à des crochets, à côté de poids de 50 grammes, 100 grammes, qui avaient pour mission d’entretenir des muscles atrophiés par le poids des âges. Un espalier en bois était fixé à un mur alors qu’un tapis en mousse sur le sol attendait des clients nés avec la TSF.
Dès les premiers mots, j’ai compris que ma kiné aurait du mal à s’adapter à mon métabolisme : “enlevez doucement vos chaussures, posez vos vêtements sur la chaise sans vous faire mal et faites attention de ne pas glisser avec vos chaussettes sur le sol.“ Dès que je faisais un geste, je la voyais se tenir en rappel derrière moi, prête à me rattraper en cas de chute. Lorsqu’elle me passait les ultra-sons, elle me répétait dans une forme de psittacisme : “si cela est trop douloureux, dites-le moi“. J’avais beau lui expliquer que je ne ressentais rien car le réglage de son appareil était trop faible, elle me rétorquait : “allons-y doucement jeune homme ! Je préfère que l’on reste sous le seuil de la douleur… Si cela est trop douloureux, dites-le moi…“. Et il en était ainsi de tous les exercices : tenir sur un pied sans tomber devenait, sous ses yeux hagards, une prouesse physique extraordinaire et je me surprenais à me rendre chez cette dame avec plaisir car je savais que retirer mes chaussettes sans grimacer tirerait chez elle des larmes d’admiration. Rien de tel pour soigner mon ego.
Je me sens, pour la première fois de ma vie, un athlète accompli. Je n’ai jamais provoqué un tel émoi chez une femme, rendez-vous compte ! Il y a quelque temps, je songeais pratiquer la musculation en salle pour sculpter un corps susceptible d’attirer le regard du sexe opposé mais j’ai trouvé bien mieux ! Sauter à pieds joints 3 fois de suite sans me tenir par les mains à l’espalier !
Ma kiné reste inquiète telle une mère de famille devant un enfant accomplissant ses premiers pas sans son trotteur mais je ressens de la fierté chez elle. Je sors de là bouffi d’orgueil et hardi. Je toise les passants d’un regard méprisant et je les provoque intérieurement de manière hautaine en me moquant d’eux : “je viens de tenir debout sur une jambe pendant 10 secondes sans tomber alors fermez vos gueules !“ ou bien encore “qui c’est qui est arrivé à marcher dans le couloir de sa kiné en chaussettes SANS GLISSER ? Alors, de grâce, s’il vous plaît, dégager de mon chemin bande de nazes“.
J’ai encore 5 séances à exécuter chez elle et j’appréhende déjà la fin de mon programme de rééducation. Le mollet est réparé et je cours à nouveau comme un cabri mais plus que le mollet, cette femme a considérablement agi sur l’estime de moi. Qui applaudira la prochaine fois que je me dresserai sur la pointe des pieds 3 fois de suite sans fléchir ?
