Vous avez des enfants ? Un garçon ? Il joue au foot ? Alors vous comprendrez ce que je vis lorsque vous aurez fini de lire ce billet.
J’en ai marre qu’il me raconte QUOTIDIENNEMENT ses exploits sur les terrains de foot improvisés sur lesquels, lui et ses copains, se prennent pour Lionel Messi et Ronaldo (celui du Real Madrid et non le retraité brésilien qui a pris 50 kilos depuis qu’il a arrêté de surveiller son alimentation). J’y ai droit à chaque fois que je l’ai au téléphone ou pire, en live, à la maison.
Cela commence toujours de la même façon : “tu sais Papa, j’ai marqué 3 buts aujourd’hui !“ Je rêve du jour où il m’annoncera avoir obtenu trois 20/20 dans des matières plus intellectuelles que le football…
Vient ensuite la partie la plus laborieuse de son récit : la reconstitution. Comme pour les grandes affaires criminelles, mon fils tient absolument à me “rejouer la scène“. Que l’on soit dans la rue ou dans le petit salon de ma modeste masure, je suis contraint de le regarder me mimer l’action qui a mené au but et gare à moi si je ne regarde pas bien ! Il me rappelle alors à l’ordre de sa voix mélodieuse qui n’est pas sans rappeler le moteur d’une Formule 1 au démarrage : “Papa ! Mais regard-euh !“ Et chaque mouvement, chaque séquence est commenté et agrémenté de “et alors j’ai fait comme ça, et le ballon il a fait ça et moi j’ai tiré du pied gauche comme ça et le ballon il a fait ça et j’ai marqué !“. Vous l’aurez noté : mon fils adore le pronom “ça“. Son récit en est truffé et il convient de reconnaître que sa description serait moins riche sans cela.
Le plus drôle est de contempler les yeux de mon garçon alors qu’il m’indique de ses petits doigts d’enfant l’endroit où se situait le ballon avant qu’il ne le pousse au fond des filets : il revit complètement son action et le ballon n’est plus du tout imaginaire dans son esprit. Il le voit.
Alors pour lui faire plaisir, je rentre parfois dans son “univers“ et lui demande de me rejouer son but au ralenti parce que je n’ai pas bien saisi où était situé le défenseur qu’il a brillamment dribblé. Cela le comble d’aise de me voir dans l’action avec lui. Nous sommes alors 2 sur le terrain sous le regard bienveillant de ma fille, unique spectatrice d’un stade imaginaire où nous refaisons le match.















