Lundi soir, jour de mon anniversaire, mon ami Niaquoué m’a fait la surprise de m’emmener à Macau pour célébrer ce jour faste que vous avez été des millions, que dis-je, des milliards à célébrer de par le vaste monde (preuve s’il en est que ce blog a dépassé depuis bien longtemps les simples frontières de l’hexagone).
A 16h30, je l’ai rejoint à son bureau où il règne sur un personnel pléthorique à l’écoute de ses moindre souhaits et desiderata dans la crainte d’être jeté à la rue. Nous avons ensuite rejoint le port de Hong Kong où une navette ultra rapide appelée Jetbus nous a fait traverser un bras de la Mer de Chine pour rejoindre la capitale du jeu et du vice : Macau…
Une heure de traversée paisible pour débarquer dans une ville qui n’est pas sans rappeler Las Vegas avec ses casinos gigantesques comprenant d’immenses salles de jeux, des centaines de chambre d’hôtels, des restaurants, des bars et même des centres commerciaux ! Sur la photo, je suis dans le casino dénommé “Venise“ avec de véritables canaux (!), des gondoles provenant d’Italie, un faux ciel bleu plus vrai que nature et ses enseignes de luxe sur 3 étages. Un décor de carton pâte destiné à en mettre plein la vue aux nouveaux riches chinois venus ici pour claquer les milliers d’euros gagnés en fabriquant des jeans et des iPad, en les posant sur le tapis vert d’un jeu de roulette ou de poker.
Après un repas pantagruélique dans un restaurant portugais somptueux qui possèdent sa note dans le Guide Michelin (Macau est une ancienne colonie portugaise), nous sommes allés risquer devenir riche dans un casino aux allures de temple du jeu. J’ai posé mon dévolu sur une table de Black Jack délaissée par la foule bigarrée qui défilait sur l’épaisse moquette criarde qui tapissait le sol de cet endroit trop éclairé pour être honnête.
La table de jeu était tenue par une femme asiatique sans véritable âge. Elle tirait la tronche et je trouvais que cela était plutôt bon signe. Je me méfie en effet des sourires trop commerciaux qui ne sont affichés que pour vous attirer dans un piège d’où vous ressortez généralement les poches vides et le portefeuille aussi plat qu’une limande.
Nous avons pris place, tels deux pigeons sur une broche, sur les tabourets faisant face au mandarin en charge du plumage de volatiles. Nous avons demandé quelle était la mise minimum pour faire sauter la banque (naïfs que nous étions) et l’asiatique nous répondit d’une voix dépourvue de toute émotion : 300 $ Hong Kong (soit environ 30 €). Le Niaquoué étant plus riche que moi, la pile de jetons que la matrone lui remit dépassait de loin la mienne. On aurait dit l’Empire Sate Building à côté d’une bitte d’amarrage.
Mon ami eu l’outrecuidance de me demander si je connaissais les règles et j’ai voulu lui montrer un peu bêtement que je maitrisais sur le bout des doigts ce jeu de cartes avec lequel j’ai grandi (en regardant les films de James Bond). J’avais de quoi jouer 2 coups. J’ai perdu une première fois en 10 secondes. Possédant un 15, je ne devais pas dépasser 21 pour remporter le combat contre la banque. J’ai tiré un valet… 25… La rombière a ramassé mes jetons sans aucun signe de contentement, habituée qu’elle semblait être, à écosser du touriste.
Le Niaquoué remporta sa mise et me regarda en souriant mais je devinais dans son regard une pointe de moquerie ; pire : un soupçon d’arrogance. ll avait gagné, moi non. Il se permit de me donner alors des conseils le cuistre ! Je voulu tout de suite lui montrer que cette première partie n’était qu’un accident et j’ai misé mes derniers jetons en les tendants vers la croupière. Celle-ci me tendit 2 cartes (de merde) : j’avais un total de 10… Je décidais de lui demander encore une carte : 6. Cela faisait 16. Le Niaquoué m’enjoint d’arrêter mais est-ce le démon du jeu qui s’était emparé de ma personne ou bien était-ce par esprit de contradiction ? Toujours est-il que j’indiquais du doigt posé sur le tapis vert que je souhaitais une nouvelle carte au croupiat bridé. Celle-ci haussa alors le sourcil comme si, même elle, avait décidé de braver les règles en vigueur dans les casinos et qu’elle souhaitait m’indiquer par un signe aussi discret que possible qu’il fallait que j’arrête. Cela ne fit que piquer mon ego et je retapais du doigt le tapis de feutre, persuadé que la fortune était là : à portée d’une simple carte ! Elle l’a sortie du sabot comme convenu et puis…
Je vous laisse deviner la suite car elle est trop difficile à conter pour un homme qui a déjà un genou à terre.
Le pire est que j’ai continué de jouer avec les jetons que le Niaquoué gagnait à côté de moi en jouant intelligemment… Cela a duré un peu plus longtemps mais nous avons perdu tous les deux au final et à 2 heures du matin le Jetbus nous ramena à Hong Kong, fatigué, repus et fauché pour ma part… Mais quel anniversaire ! Je me souviens très bien celui de l’an dernier qui avait été lui aussi magique grâce à mon amie Christine mais celui-là, ce n’étais pas mal non plus… Merci Jean-Pierre !















4 Commentaires
tu fais jeune là t’as l’air bien foutu manque un petit tattoo sur le bras
Je vous conseille le film « Macao l’enfer du jeu » 1942
Je me ferai tatouer votre pseudo Scoub, avec la mention “Love for ever“. Je pars en Thaïlande dans 3 heures et je le ferai là-bas.
Poète Libre : je ne l’ai pas lu ce livre mais Macau a du beaucoup changer depuis 42 même si le jeu et l’addiction de ceux qui le pratiquent doit, malheureusement, avoir toujours le même relent.
je suis heureux de savoir que tu as eu un magnifique anniversaire et un peu déçu de ne pas t’avoir adressé un bon anniversaire en temps,donc tout mes bons voeux pour tes 30 ans ! ceci dit ne regrette pas d’avoir perdu trois francs six sous au black jack ! a chaque tirage du loto il y a 5 millions de combinaisons joués,qui ont une chance sur 116 millions de gagner,d’ailleurs il y a beaucoup de semaines ou personne ne gagne,à part l’ ETAT. si tu veux gagner de l’argent au casino il n’y a qu’une façon…… achete le casino !!!