mar 11

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Hier soir, je suis passé voir une amie qui se trouvait sur le parcours de mon jogging. J’étais dégoulinant de transpiration et je sentais le fauve de cirque. Elle m’a néanmoins accueilli chaleureusement et avec la politesse des jeunes filles de bonnes familles. Je ne suis pas resté longtemps car son charmant intérieur était décoré pour accueillir des amis conviés à un dîner. Il lui restait un tas de plats à démouler des barquettes aluminium Picard avant qu’ils n’arrivent aussi, j’ai pris rapidement congé non sans avoir bu 2 grands verres d’eau fraîche que mon hôtesse m’a généreusement servis. Avant de quitter le petit nid douillet où la belle passe une partie de sa vie, elle a tenu à me faire un reproche ; notamment que je n’avais jamais parlé d’elle sur mon blog alors que j’évoque aisément les râteaux que je me prends de la part de jeunes et jolies blondes au regard de braise.

J’ai remarqué que, depuis quelques semaines, j’ai orienté mon blog vers quelque chose de plus intimiste. Je comparais avec ce que j’écrivais il y a un an et la différence est flagrante. Une personne l’a comparé récemment au Journal de Bridget Jones. Je n’irai pas jusque là tout de même car je ne vous dis pas tout. J’ai tout de même un jardin secret et je choisis les thèmes que je souhaite aborder avec soin et parcimonie. Mais il est vrai que je me livre de plus en plus et je vais continuer dans cette voie car elle me convient pour le moment et les chiffres de fréquentation de ce site sont en hausses constantes (j’ai même reçu une proposition commerciale de Google France !). Revenons à Carole puisque tel est son nom. Carole a 35 ans, est fort jolie (même si le principe de la photo en noir et blanc est connu pour embellir. On ne tombera donc pas dans ce piège grossier) et possède les plus belles jambes que je n’ai jamais vu. Très féminine, elle s’habille avec beaucoup de goût et souvent avec des chaussures à talons qui la font me dominer d’une bonne tête ce qui n’est pas grave car je ne suis pas macho. C’est le genre de femme dont on dit qu’elle a de l’allure, voyez-vous ? Quand elle pénètre dans le hall d’un hôtel ou dans un restaurant, les regards se tournent et les conversations s’arrêtent ; classe quoi. Carole a des yeux bleus Denim, la poitrine de Jane Birkin et une intelligence très littéraire et elle écrit de très jolies poésies ce qui est assez rare de nos jours pour ne pas le mentionner.

Son appartement avec vue sur le Vieux Port est rempli de livres et jusqu’à quelques jours, elle ne possédait même pas la télévision (elle ne connaît pas Mickaël Vendetta, la conne !). Elle ne cuisine que des plats surgelés de chez Picard car son travail est très prenant. Sportive, elle cherche l’homme de sa vie qui aura la patience de l’apprivoiser, elle, le petit animal effarouché et qui lui fera une portée de petits faons. Attention toutefois, telle une biche, elle fuit à grandes enjambées au fond des bois au moindre craquement de branche.

Qui sera cet homme ? Attention Messieurs les candidats… La dame a du caractère et elle ne se laissera pas dompter facilement mais je parie qu’une fois sa confiance gagnée, elle fera une merveilleuse épouse et une très belle maman. Je vends son numéro de portable 50 €, 150 € pour l’adresse complète et franchement c’est une affaire (vous pouvez vous grouper si vous le souhaitez).

P.S. : si vous aussi, vous avez des messages à faire passer, n’hésitez pas à m’envoyer une photo et un texte. Je me ferai l’écho de vos attentes avec joie et servilité.

mar 09

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Ça y est, c’est décidé, je pars aux USA vendredi pour un bien étrange voyage. Depuis que j’ai le billet d’avion entre les mains, je prends conscience des raisons qui vont m’amener de l’autre côté de l’Atlantique. Je vais y rencontrer la mort, faire face à la maladie qui touche une personne que j’aime et qui lutte pour vivre. Combat bien inégal puisqu’une tumeur  a choisi de se loger sous son crâne pour y dévorer son cerveau. Un si brillant homme… Ce qui est frappant, c’est la soudaineté avec laquelle la maladie s’est déclarée et la vitesse avec laquelle elle galope. Elle a toujours un temps d’avance sur les traitements, les médecins et aujourd’hui, Allan a dit stop. Stop aux longues et douloureuses séances de soins pour gagner quelques semaines, quelques jours de rab. Il préfère rentrer chez lui et profiter du reste de sa vie. Il a raison. Il mène un combat qu’il ne peut pas gagner alors autant profiter du temps qu’il reste au milieu des siens.

Il neige là-bas et je songe que je n’ai jamais connu ce paysage sous la neige. Je pars 5 jours. 31 heures d’avions pour 5 jours. Je m’en moque. Je sais par sa femme qu’il a eu un grand sourire sur le visage quand elle lui a annoncé que j’arrivais et cela vaut toutes les heures du monde coincé entre les rangées d’une classe économique.

Je n’ai jamais été confronté à l’annonce de la mort. Bien sûr, je me suis déjà rendu à des enterrements mais c’était toujours des morts “inattendues“ : perdre un grand parent quand on ne possède qu’une conscience d’enfant est une chose soudaine. On ne s’y attend pas car nos parents nous protégent en nous racontant que “Papy va bien. Il est juste très fatigué.“ Et puis, un matin, on nous annonce que Papy est monté au Ciel alors on va à l’église pour assister à son enterrement sans vraiment comprendre ce qu’est la mort. Il y a une disparition qui m’a marqué plus qu’une autre car je la trouvais injuste et brutale : la disparition de mon pote Fonfon alors que nous sortions à peine de Sup de Co, fraîchement diplômés et la vie devant nous. Il est mort aux USA en se baignant. Con comme mort. Rageant. Il nous a tous cueillis dans nos vies de cadres dynamiques que rien ne semblait pouvoir arrêter. Sa mort a eu un effet “positif“ sur moi : j’ai pris conscience que la vie était courte et que tout pouvait s’arrêter net. Lorsque j’ai pris ma décision de changer de vie pour me tourner vers mes passions de toujours, j’ai pensé à Fonfon. Sa photo trône toujours sur mon bureau pour me rappeler que j’ai la chance de vivre la vie que je veux (ou presque). Là encore, sa disparition a été une surprise, un traumatisme auquel personne ne s’attendait.

Ce voyage, c’est autre chose. Je sais que le match que mon ami joue contre la mort est un match truqué. C’est la première fois que je dois me préparer à perdre quelqu’un que j’aime et c’est assez destabilisant à vivre. Je me projette en avant en essayant d’imaginer ce que vont être ces 5 jours mais je crois que je vais être surpris par mes émotions. On ne peut pas prévoir ces choses là. De plus, je sais qu’il a beaucoup changé physiquement en raison des traitements médicaux et qu’il est dans un fauteuil roulant… lui en fauteuil roulant alors que sa voisine Frances, que je connais depuis bientôt 30 ans, a toujours bon pied bon oeil à 90 ans passées. Je l’ai revu cet été, promenant son chien et me saluant d’un tonitruant Hi Jean ! How are you today ?“ Je parlais d’elle avec Allan et nous riions ensemble de la voir en si rayonnante santé. Il ne savait pas qu’il partirait sans doute avant elle.

Une amie m’a dit : “regarde ses yeux. Concentre-toi sur son regard afin de ne pas lui montrer ton désarroi. Tu retrouveras celui qu’il a toujours été“. Je vais essayer ma belle, je vais essayer…

Je ne peux pas m’empêcher de penser avec angoisse au moment où je devrai partir pour l’aéroport et où il faudra que je lui dise adieu. Pour toujours. Je tiendrai un journal de ce voyage car écrire me permet de prendre de la distance par rapport aux événements qui jalonnent ma vie. Cela m’apaise alors je vais continuer à coucher les choses drôles et moins drôles qui m’arrivent car la vie est ainsi faite : un jour on rit, un autre on pleure.

mar 08

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Hier après-midi, j’ai replongé quelques années en arrière. Etre père, ce n’est pas seulement avoir des responsabilités “écrasantes“ sur les épaules. Ce n’est pas uniquement “éduquer“ et “apprendre“ mais c’est aussi “partager“. C’est ce que j’ai fait ce dimanche après-midi avec mon petit garçon. Sa sœur étant partie en classe verte, je me suis retrouvé seul en tête à tête avec lui et nous avons regardé Star Wars pour la première fois ensemble. Cela faisait un moment qu’il me demandait de regarder ce film et je ne regrette pas de lui avoir donné satisfaction. C’était un très bon moment que de partager cette histoire que j’avais vu quand j’étais petit avec mon fils de 6 ans. Les émotions étaient intactes et nous avons vibré aux mêmes instants. Il me ressemble physiquement au même âge et j’avais l’impression d’avoir 6 ans sur ce canapé. C’est peut-être cela que d’être papa : reproduire, revivre des émotions à travers ses enfants ?

Il est fasciné par Dark Vador et il n’a pas arrêté de me poser des questions sur le scénario et c’est là que j’ai réalisé que je n’y avais jamais attaché beaucoup d’importance. Je me suis toujours arrêté à la qualité des effets spéciaux et j’aimais avant tout me laisser emporter par les superbes images de l’espace en m’imaginant à la place d’Obi Wan Kenobi ou de Luke Skywalker. Les questions (pertinentes) de mon fils m’ont forcé à m’intéresser au scénario afin de lui répondre autant que faire se peut : c’est quoi un Sith ? Est-ce que Obi Wan est né à Marseille ? Comment Dark Vador fait-il quand il veut aller aux toilettes ? J’ai réalisé en me plongeant dans l’histoire que je n’avais jamais rien compris : l’Empereur, la République, les clones, qui est gentil, qui est méchant, le comte Dooku, le Sénat, la ligue du Commerce, les séparatistes… Pfff… franchement, c’est pas évident, non ? C’est beaucoup plus compliqué que Barbapapa ! Quoique j’ai jamais compris pourquoi le doubleur faisait toutes les voix de la famille sans vraiment chercher à transformer la sienne mais je m’éloigne…

Le générique de fin défilait sur l’écran LCD de mon salon que je n’avais toujours pas répondu à la moitié des questions de mon fils. On s’est endormi tous les 2, happés par nos rêves respectifs. Je suis certain que les siens l’ont emmené du côté de la planète Nabu car à 18h00, c’est sa maman qui nous a réveillés en venant le chercher… Quand je lui ai dit au revoir, tout encore plongé dans le film, je l’ai regardé dans les yeux, l’air grave et je lui ai dit : “je suis ton père…“. Il m’a répondu : “ben oui, je sais !“ en haussant les épaules. Ptit con, va. Il a eu de la chance que je n’ai pas un sabre laser sur moi !

mar 05

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Pendant 15 jours, j’ai partagé ma vie et mon appartement avec une colocataire de charme, mon amie Virginie (la blonde sur la photo), graphiste de son métier et installée depuis 5 ans dans le Lot et Garonne. Elle est partie cet après-midi et je suis triste… Pendant 15 jours, c’était bien agréable de rentrer chez moi (chez nous, quoi !) et de voir de la lumière et entendre de la musique électronique. Généralement, elle était attablée à la table de la cuisine devant son ordinateur. Nous nous racontions nos journées et le matin, c’est sur son lit ou sur le canapé que nous nous racontions nos soirées et nos rêves. On a rit. On a pas pleuré mais on a connu le spleen baudelairien. On a beaucoup échangé parce que Ninie est une fille que j’aime beaucoup à qui il est agréable de se confier. On s’est conseillé mutuellement. On s’est écouté et on a appris l’un de l’autre. On a fait notre lessive ensemble si bien que ma femme de ménage, la délicieuse Filomena, se trompait parfois en rangeant nos affaires et qu’il m’est arrivé de partir au bureau avec une culotte en soie et même un soutien-gorge (bonnet F !).

On a pas cuisiné. Enfin, pas beaucoup. On a bu pas mal. Virginie me surprenait parfois avec un Bourgogne qu’elle achetait chez le caviste pour que nous le dégustions ensemble. Elle m’a fait une fois à manger : des légumes. Bizarre le goût que cela a. On regardait “Dexter“ sur Canal + en tressaillant d’inquiétude pour le héros et on a reçu nos amis communs dont Juliette et son adorable petite Tess à la maison. Enfin, tout ça pour dire que c’est ma première expérience de vie “de couple“ depuis longtemps et que j’ai trouvé ça plutôt agréable. Je me demandais si j’en étais encore capable, si je ne m’étais pas habitué à ma vie de célibataire, enfermé dans mon bunker du centre ville. La réponse est non : je suis guéri ! Merci Ninie. Tu reviens quand ?

mar 03

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Vous n’avez jamais fait le cauchemar suivant ? Vous arrivez au bureau ou vous marchez dans la rue et tout le monde vous regarde bizarrement. Vous n’avez pas la moindre idée quant à la raison qui les pousse à vous dévisager de la sorte quand, soudain… vous réalisez que vous êtes en chaussettes ! C’est horrible n’est-ce pas ? Tout le monde a fait ce mauvais rêve. On ne sait pas où se cacher et on voudrait se téléporter loin de là mais non… vous êtes l’objet des railleries et des moqueries de vos collègues de bureau.

J’ai vécu ce cauchemar ce matin. Pas exactement cela mais pas loin. Je n’étais pas en chaussettes mais je portais la veste de Claude François dans “Alexandrie Alexandra“. Lundi dernier, je suis allé voir mon ami Allan Barnier du Loft (rue Louis Maurel. Cette publicité est complètement gratuite) et j’ai eu l’idée folle de lui demander de me prêter une veste un peu “show bizz“ pour l’enregistrement de l’émission de cet après-midi. Il a disparu derrière le magasin avec un sourire en coin, en me disant “j’ai ce qu’il te faut, tu vas voir, elle est flashy, tu vas déchirer avec !“. Il est revenu avec entre les mains une veste plus brillante qu’une carlingue d’avion sous le soleil de Marignane. Je lui ai immédiatement fait part de ma réprobation en lui disant que “même pour la télé, je ne peux pas mettre ça Allan !“ (j’ai ajouté un “je t’en supplie“ mais je ne le dis pas car ça ferait pathétique). Allan m’a alors convaincu (comme à chaque fois) que c’était la mode en Italie“, que c’était “une veste de créateur italien super connu“ et que Tom Cruise ne portait que ça pour aller au Mac Donald“.

Il se trouve que, privé de moto, je circule actuellement en bus et métro et qu’il me fallait bien prendre les transports en commun vêtu pour l’émission. Je me suis rarement senti aussi mal dans des vêtements. Imaginez un type déguisé en vers luisant debout dans le métro au milieu de la grisaille matinale avec tout un wagon qui se pousse du coude en chuchotant des “regarde, je crois que Michael Jackson n’est pas mort !“ moqueurs. J’essayais de faire bonne figure et j’affichais l’air dégagé des stars qui prennent le métro pour faire peuple mais qui gardent tout de même tous les attributs dus à leur statut social. En bref, j’avais l’air con et je le savais.

Et dire que ma journée n’est pas finie et qu’il va me falloir ré-emprunter les transports en commun et donc, me faire une nouvelle fois dévisager et moquer. Vivement ce soir que j’enfile mon survêtement.

mar 02

Grab the Mouse

Et oui les aminches, cette semaine, ça va être chaud bouillant ! Tout d’abord parce que nous enregistrons 3 émissions à France 3 en raison des élections régionales pour lesquelles le studio va être réquisitionné et redécoré pour accueillir les débats politiques. Je ne me rendais pas bien compte de ce que représentait le travail d’une émission quotidienne mais j’en ai une vague idée désormais. Pondre 3 textes sur 3 invités différents qui n’ont rien à voir entre eux en l’espace de quelques jours (il me faut un peu de temps pour “effacer“ de ma mémoire l’émission précédente) est une gageure. J’ai travaillé tout ce week-end, je suis en vrac, à sec. Je n’ai plus d’énergie et je démarre la semaine avec le cerveau en compote. Qui plus est, je n’ai pas que France 3 ! J’ai dû finir un article pour le magazine ToutMa consacré à Meetic et j’ai des gros chantiers “pub“ sur le feu. A ce propos, aujourd’hui j’ai eu une bonne nouvelle puisque les magasins Jean-Louis David du Sud de la France ont choisi Firstcom comme agence de communication : youpi !

Mis à part cela, j’ai cassé ma belle moto hier soir sur un nid de poule (nid d’autruche plutôt) qui était situé sur une voie de Marseille. Les 2 pneus éclatés net, les jantes tordues sous la force de l’impact (ne t’inquiète pas Maman, je vais bien). La Communauté Urbaine avait “omis“ de le signaler par un panneau et comme il a beaucoup plu ces jours derniers, la chaussée s’est affaissée. Heureusement, là encore, j’ai comme assureur mon ami Brice Carlac, une sorte de magicien des temps modernes qui s’occupent de tout pour moi. Je n’ai jamais vu une telle qualité de service et je suis à chaque fois impressionné par la rapidité avec laquelle il intervient. Néanmoins, ma semaine de malade va devoir se dérouler en bus et métro. C’est pas grave, il fait beau, le Printemps arrive et ce soir je mange des pâtes avec mes enfants ! Elle est pas belle la vie ?

fév 27

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Connaissez-vous l’expression “prendre un râteau“ ? Synonyme de “prendre une veste“, se faire blackbouler, se faire envoyer sur les roses, éconduire etc. C’est ce qui m’est arrivé hier soir et je m’en vais vous le raconter car je n’en reviens pas moi-même. Non pas que je ne sois pas habitué à me faire éconduire (ce qui serait bien prétentieux de ma part) mais la façon dont cela s’est passée est proprement incroyable ! J’étais invité hier soir à un dîner où l’on devait me présenter une femme susceptible de correspondre en tout point à mes attentes. Jeune, belle, intelligente et autonome. Voilà la description que l’on m’en donne en m’assurant que l’on est fait l’un pour l’autre. J’arrive le premier chez les amis chez qui le dîner est organisé. L’ambiance est bonne et conviviale et la sonnette raisonne : c’est elle. Elle arrive. J’entends claquer le pas de ses bottes sur le parquet de ce vieil immeuble marseillais et elle apparaît enfin. Blonde, des yeux magnifiques et un sourire plus ravageur que la peste de 1720 (l’image est pas terrible mais forte et c’est ce que je recherchais donc je vous merde). Elle prend place sur la canapé après m’avoir salué et nous “accrochons“ tout de suite. Elle me dit m’avoir vu jouer au théâtre il y a quelques années. Les rires fusent, les sourires se font complices et les regards se cherchent. La soirée commence bien me dis-je en mon for intérieur. A l’apéro, nous nous découvrons des tas de points de commun et un sens de l’humour acéré que nous aiguisons l’un sur l’autre. Elle exerce un joli métier qui m’a toujours interessé et nous passons enfin à table en prenant place côte à côte. L’amie qui m’a invité pour me “marier“ est ravie de la tournure que prennent les événements et en aparté, elle me glisse des “tu vois, je te l’avais bien dit !“ en un sourire coquin. Le repas se poursuit sur le même rythme que l’apéritif (où un Morgon que j’avais apporté était tout simplement délicieux) : dans les rires et les sourires. Cette femme là me faisait forte impression je dois le confesser. Et c’est là qu’est arrivé le drame (on dirait un sketch de Dubosc mais tout est véridique)… Je lui parle de son travail et la chambre gentiment après qu’elle se soit moquée, non sans humour, de mon métier de saltimbanque et de mon style d’écriture. Je la questionne sur ses clients et soudainement (all of a sudden disent les ricains. Autant s’instruire en s’amusant, non ?) son sourire s’évanouit et elle me jette un regard froid en me demandant pourquoi je lui pose toutes ces questions sur son travail, qu’elle ne veut plus y répondre et que mon comportement est à la limite de “l’agressivité“ ! Croyant à une de ces facéties, je lui demande si elle est toujours aussi susceptible mais je n’obtiens aucune réponse. Elle s’est fermée. Imaginez la scène : 5 personnes à table et un gigot d’agneau qui vient d’être amené accompagné de ses pommes de terre sautées dans une ambiance de plomb. Plus personne ne parle. La maîtresse de maison me jette des regards affolés pensant que j’avais commis des actes répréhensibles par dessous la table. Je suis sonné et gêné et je m’excuse immédiatement voyant que la jeune fille est complètement chamboulée. Elle s’enfuit vers la cuisine et les convives restant s’interrogent sur ce que j’ai bien pu dire ou faire. Je vais la trouver à la cuisine pour m’excuser une nouvelle fois et je décide alors de prendre congé afin de ne pas finir de pourrir la soirée.

Devant la porte de l’ascenseur, alors que je m’interrogeais sur le brusque changement d’attitude de cette jeune et jolie femme, la porte d’entrée s’ouvre et j’ai eu l’explication de ce saut d’humeur : elle est en train de déposer son bilan et il ne fallait SURTOUT PAS parler de son entreprise… Ça m’apprendra !

Amis couples : ne vous séparez JAMAIS ! Prenez des médicaments, des amants, des maîtresses, faites un break, voyez un prêtre, faites une thérapie de couple mais ne vous quittez pas ! Vous n’imaginez pas comme c’est difficile de trouver sa moitié. J’ai l’impression d’être un GI parachuté par erreur au beau milieu des montagnes afghanes avec un Opinel comme seul arme de défense contre des talibans assoiffés de sang et aucune boussole pour me sortir de là. Help ! Venez me chercher !

Avertissement pour les cons : le prochain qui me dit : “ t’as de la chance d’être célibataire, tu peux faire ce que tu veux, t’es libre, tu peux changer de nanas tous les soirs“, j’annonce que je lui envoie mon poing dans la tronche de façon si violente qu’il en perdra toutes ses dents et que les seules pommes qu’il pourra manger seront sous la forme de compote.

fév 23

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Drôle de vie que la mienne. Drôle de vie tout court car je crois que tout autant que nous sommes, nous pouvons formuler cette réflexion en forme d’évidence : la vie est bien étrange parfois. Hier soir, j’ai retrouvé quelqu’un que je n’avais pas vu depuis très longtemps. Je me suis rendu au rendez-vous en ne sachant pas un instant ce que j’allais y trouver ni même ce que j’allais y chercher. J’éprouvais, en vrac, de la joie, de l’appréhension et disons-le franchement, un peu d’angoisse comme on peut en avoir lorsqu’on retrouve un vieux copain de lycée avec qui on a fait les 400 coups, que l’on a pas vu depuis 20 ans et que l’on se demande ce que l’on va bien pouvoir lui raconter. Qu’allais-je chercher hier ? Des réponses ? Sans doute, mais je n’ai pas posé de questions. Pas osé. Peur peut-être. Peur sans doute. Cette peur idiote qui paralyse et tétanise et qui ne fait pas avancer. Je me suis contenté de l’écouter me parler de sa vie, de la regarder me conter son histoire personnelle en ayant le sentiment que j’étais bien loin désormais. Je suis sorti du restaurant sous une pluie battante, ni déçu, ni satisfait. Frustré peut-être. Frustré de ne pas avoir su trouver les mots pour interrompre le flot des siens qui coulaient comme une cascade descendant la montagne. Fatigué aussi. Las de chercher ces mots que l’on voudrait envoyer comme des flèches dans une cible mais dont on sait par avance qu’elle vont finir dans le décor. N’étant pas seuls dans ce restaurant, j’ai eu peur de blesser quelqu’un et de faire des victimes collatérales et j’ai laissé mes pointes dans leur carquois. Une petite lâcheté en échange d’un moment de paix. Fuir…

Suite de ma drôle de vie. Cet après-midi, j’ai reçu un mail de mon amie américaine Kimberly, la fille d’Allan, mon “père“ américain qui souffre d’une grave tumeur au cerveau. Les nouvelles sont mauvaises. Très. Son état de santé s’est aggravé précipitamment et Allan en a assez de subir un acharnement thérapeutique qui le meurtrit et le fait souffrir. Il a demandé à stopper les soins et à rentrer chez lui pour y finir ses jours. Tranquillement, paisiblement. Quelques semaines, quelques mois tout au plus, très loin en tout cas des 14 mois qu’on lui laissait espérer à Noël. Je vais retourner le voir. Lui dire au revoir et merci pour tout ce qu’il m’a apporté. L’engueuler aussi pour avoir omis de m’apprendre certaines choses essentielles pour être heureux dans une vie d’homme. Quand je serai à ses côtés, je lui demanderai de me confier le secret du bonheur. Les gens qui vont disparaître connaissent ces choses là. Heureux il l’a été aux côtés de Joyce, sa merveilleuse épouse qui veille à ses côtés depuis 40 ans de mariage. Ce ne sera pas un voyage heureux que celui que je m’apprête à faire, quoique… On peut tirer du bien de ce qui fait mal, j’ai appris ça l’an passé. Là, j’ai les larmes aux yeux en vous écrivant tout ça. C’est sans doute à cause de la chanson que j’écoute en boucle : “La fille du Nord“ d’Hugues Aufray avec Eddy Mitchell, une reprise d’un titre de Dylan. Ecoutez-là, je vous l’offre. Elle vous rappellera forcément quelqu’un. On a tous dans le cœur “une fille du Nord“.

La semaine dernière, je ne savais pas ce que j’allais vivre ces dernières 24 heures et puis voilà… La vie roule comme un chariot sur une montagne russe. Il faut bien s’accrocher, c’est tout.