sept 02

Cette photo est un collector ! Une photo de moi en plein tournage de mon premier reportage pour France 3 à Sainte Cécile les Vignes. Le reportage était consacré à mon ami Jean- Marc Espinasse, viticulteur de son état (il fait l’un des 10 meilleurs rosé du monde selon le magazine américain “Bon Appétit“). Nous avons passé une journée fantastique avec les 3 techniciens de France 3 avec qui j’ai dormi à Arles dans un Mas que je vous recommande (le Mas du Petit Prince). Le lendemain (mercredi), nous avons enregistré le deuxième (et dernier !) sujet pour l’émission “Talents“ de Frédéric Soulié qui doit démarrer le 11 septembre à 16h15. Le sujet était un jeune matador de 20 ans, Tomasito, qui affronte des bêtes de 600 kilos dans les arènes du monde entier. Impressionnant. Je déteste la corrida mais je dois dire que j’ai changé d’avis sur un point : il faut être vraiment courageux pour se battre contre un taureau de 600 kilos. Je les ai approchés de près et ces animaux sont terrifiants.

Rentré le soir à France 3, j’apprenais que mes futurs reportages étaient suspendus. Ils sont annulés depuis ce soir. La cause ? Je n’ai pas la bonne “casquette“ pour travailler sur la chaîne. Certaines voix se sont élevées pour contester le programme qui m’était confié… et elles ont été entendues. Rideau, donc. Exit Jeff Carias ! Je n’étais même pas encore entré en salle de montage que je savais déjà que ma rubrique était supprimée ! Enthousiasmant, non ?

France 3 est un étrange navire… Il est vraiment dommage de voir autant de moyens aussi mal utilisés. Il y a des gens très compétents dans cette noble entreprise et j’ai eu la chance de collaborer avec nombre d’entre eux mais il y en a aussi de très mauvais qui, malheureusement, prennent un malin plaisir à empêcher les premiers de travailler…

sept 01

Gilles Azzopardi est de retour et il le signe de belle manière avec un texte délicieux qui était, à la base, un commentaire de l’article consacré à “mon fan“. J’ai rit comme un bossu à ce texte ciselé par le plus grand capilliculteur de mots que je connaisse.

Je vous laisse déguster ce texte qui ressemble à du caviar sur une pomme de terre en robe des champs.

“Mon Jeff,

J’ai une petite anecdote « vraie » concernant « Ton fan ». Un soir, au sortir d’une représentation brillante et magistrale lors de laquelle j’avais encore repoussé les limites de l’Art scénique, je m’apprêtais nonchalamment à rencontrer « mon public » enthousiaste et innombrable sur le parvis du théâtre comme à l’accoutumée. J’avais préparé mon stylo et ma réserve de photos « à dédicacer » habilement dissimulés dans la poche intérieure de mon veston, prêts à être dégainés dans une fausse spontanéité à peine jouée.

Quelle ne fût ma surprise en constatant amèrement que personne ne m’attendais… Sauf la nuit… Noire, profonde et mélancolique comme un poème de Verlaine, accompagnée par un blizzard sinistre et glacial, messager zélé des missives pestilentielles d’une bouche d’égout à l’haleine fétide toute proche. Maudissant intérieurement ce public, qui décidemment ne méritait pas mon Génie, puisque incapable de le décrypter, je m’apprêter à affronter une nouvelle nuit de méditation solitaire et alcoolisée en devisant avec moi même sur la vacuité du monde.

J’allais quitter le parvis du théâtre désert quand je fut alpagué vivement par un quidam… L’homme, un peu trop jovial pour être honnête, la soixantaine bedonnante, la tignasse en bataille, accoutré comme un personnage d’un roman de Zola, parlait fort et saccadait son texte dans une diction déplorable. Dans un premier temps je fus effrayé, croyant que l’ivrogne du coin voulait s’en prendre physiquement à ma personne afin de me soutirer quelque argent (que je n’avais pas d’ailleurs étant un « Artiste »). Instinctivement je reculais en tentant de raisonner mon interlocuteur, tout en scrutant les alentours d’un œil vif et inquiet, cherchant désespérément un représentant des forces de l’ordre ou un porche qui aurait pu abriter ma fuite en cas de « casus belli ». Finalement je ne décelais aucune agressivité dans les propos incongrus de « l’homme des bois ». Au contraire !  A un moment, il me donna même du « Monsieur Azzopardi » ce qui, finalement me le rendit fort sympathique.  Le type m’avait reconnu ! Tu te rends compte Jeff ! En pleine nuit ! Je fus quelque peu flatté, il faut bien le dire, et je confesse bien volontiers un début d’érection qui me mit le cœur et le slip en joie.

Ca y est ! C’était la consécration ! Le travail avait fini par payer ! Ma renommée, amplement méritée, commençait enfin à dépasser les frontières de mes voisins de palier et de ma famille proche ! J’étais reconnu par un inconnu ! J’adoptais un ton doucereux et condescendant tapotant du bout des doigts sur l’épaule (que j’imaginais velue et adipeuse sous l‘étoffe grossière des hardes qu‘il portait…) de ce simple mortel. A vrai dire, ça n’était pas vraiment le genre de public que je visais dans mes entreprises artistiques de « très haute volée » , mais bon, faute de grives… Et puis après tout, le public « populaire » représente une manne financière non négligeable qu’il convient d’accepter bon gré mal gré (dixit Jean Jacques Goldman). Pour le récompenser de sa vista et de son acuité visuelle nocturne hors du commun, je décidais de lui offrir généreusement une de mes photos, accompagnée d’une dédicace autographe, ce qui pourrait, un jour sûrement, l’enrichir démesurément. Mais à ma grande stupéfaction voilà que le « Bachi-bouzouk » refuse poliment ma « Relique Sacrée » et repousse doucement la main du démiurge…

Damned ! Qu’est-ce que c’est que ça !  Comment ose-t-il?!!! Il m’explique poliment mais fermement qu’il n’a plus de place dans son portefeuille et qu’il ne veut pas s’encombrer  inutilement avec des prospectus et autres saletés imprimées qui risqueraient de lui déformer les poches… Je reste bouche bée, abasourdi par l’outrecuidance du personnage. De plus, comble de l’inconscience qui me fait immédiatement réaliser que ce type est fou à lier, je sens  bien qu’il veut à tout prix faire dévier la conversation hors du cadre de Ma Personne… Mais de quoi d’autre veut il bien parler…?!!! Ce qu’il m’explique gaiement ensuite me laisse coi et pantelant…

Pour faire court, monsieur a horreur du Théââââtre, cet art incompréhensible, désuet et suranné, qui l’ennuie à mourir, pratiqué selon lui par les « has-been » du métier qui trouvent là un ultime espace d’expression poussiéreux devant un public clairsemé et somnolant. Dernière humiliation avant le grand plongeon dans le gouffre sans fond de l’oubli définitif…(sic)  Non lui, son truc c’est la télé ! Voilà où ça se passe ! Dans une longue diatribe insensée que j’avale amèrement, il m’explique que j’ai eu tord d’arrêter les « Snipers de l’info » et que cet acte inconsidéré portera un coup fatal à ma carrière déjà vacillante… J’essaie de lui expliquer que l’émission s’est arrêté non pas de notre volonté mais suite aux pressions incessantes qu’exerçaient nos concurrents d’antenne, bouffés par la jalousie et la rancœur devant le succès incommensurable que remportait notre programme.

Mais l’homme n’entend plus rien… Il poursuit, la lippe baveuse et l‘œil luisant, en me jetant à la figure que je devrais prendre exemple sur… Jeff Carias… au lieu de me perdre dans le désert qu’il pense que je traverse. Homme insensé… Puis, dans un sourire gourmand, il fouille dans la poche intérieure de sa veste « fossile » odorante et mitée, et en retire vivement une espèce de pièce de cuir sale et boursouflée qui avait du être, au temps jadis, un portefeuille. En deux temps trois mouvement, il en extirpe à l’aide de ses doigts tachés de cambouis (ou peut être pire…) une photo de toi. Sur le cliché, tu arbores crânement un sourire machiavélique et lumineux. Je vacille intérieurement ne sachant comment réagir à ce crime de « lèse-majesté ». Le « bonobo des ruelles » , me raconte qu’il suit scrupuleusement tes faits et gestes depuis belle lurette et que la moindre de tes apparitions sur un écran de télévision lui met le cœur en joie. Il t’adore. Il t’adule et te vénère comme le Christ. Plus que le Christ! Car lui ne passe pas à la téloche ! Il te trouve beau, grand, bien coiffé, magnifique, génialement drôle, plein d’esprit et de répartie. Il lâche même dans un sanglot à peine retenu, qu’il aurait aimé avoir un fils ou même un neveu comme toi…

Il te cherche. Partout. Tout le temps. Il veut te voir, te suivre, entendre ta voix. Il me demande fiévreusement de lui communiquer, ton numéro de téléphone, ton adresse et les lieux que tu fréquentes. Je lui rétorque d’une voix blanche que tu es en Terre Adélie en ce moment et que ton portable ne passe pas à cause du froid. Il n’en croit rien et devient dangereusement insistant, voir menaçant… Les larmes aux yeux, je lui explique (c’est de bonne guerre) que l’image qu’il se fait de toi est erronée. Que tu es un tyran absolu et cruel avec tes subalternes, que tu abuses sexuellement de toutes tes secrétaires, tes assistantes et de leurs mères âgées et grabataires, que tu exploites jusqu’à l’épuisement (sans les payer) des étrangers en situation irrégulière pour faire le ménage chez toi. Sortes d’esclaves que tu dénonces sans scrupules ensuite aux autorités des que ces pauvres gens émettent la moindre plainte sur leur sort. Je rajoute que tu es à la tête d’un vaste trafic d’organes qui s’alimente en chair fraiche et enfantine dans les rues sordides des favelas de Rio, que tu t’adonnes aux stupéfiants les plus durs, que tu organises des orgies géantes dans les cimetières de la ville les nuits de pleine lune, et je finis en lui livrant sur le ton de la confidence, que ça n’est pas toi que l’on voit et entend à l’écran, mais une sorte d’hologramme virtuel animé par un ordinateur qui se trouve en régie finale. Le forcené n’en a cure, il te défend bec et ongles envers et contre tout comme un disciple au cerveau lessivé défend opiniâtrement son gourou… Il trouve des raisons et des excuses aux agissements bestiaux et inhumains que je t’ai mis faussement et traitreusement sur le dos… Et, cerise sur le gâteau, il finit sa plaidoirie en apothéose en m’affirmant comme une vérité cinglante que le talent pardonne tout !

J’enrage ! J’en ai assez entendu… Je le repousse pour aller me perdre dans la nuit en maugréant que moi aussi j’ai un grand rôle dans une série policière à succès sur France 3, mais il me colle aux basques en rétorquant de la façon la plus insidieuse qu’il ne m’a jamais vu nulle part et puis que toi tu passes sur TF1, « LA » grande chaîne française. Celle des Winners, des Stars, des Grands… Tout en marchant vite, alors que je ne l’écoute plus, il m’exhibe sous le nez un vague torchon de papier qu’il tient comme une relique sacrée sur lequel je déchiffre difficilement une écriture grossière. C’est une lettre, qu’il prétend t’avoir adressée et où, dans un français de charretier médiéval, il t’invite au restaurant ce qui serait pour lui la récompense ultime de toute une vie d’idolâtrie forcenée… Je ricane en lui disant que tu ne lui répondras jamais, et que même si dans un moment de pure folie, tu acceptais son invitation, tu t’arrangerais sournoisement pour qu’il paie l’addition… Il me dit qu’il s’en fout, que c’est à lui de payer et puis que de toute façon tu as déjà accepté. Il reste juste à trouver un créneau dans ton planning de ministre, où le pauvre erre croit qu’il va figurer entre un rendez vous avec Sarkozy et Nonce Paolini… Je suis excédé et je le lui fait savoir vertement. Le ton monte brusquement. Il me suit toujours en riant et en me moquant. Il prend des passants à témoin en leur demandant si quelqu’un me reconnait. La réponse est toujours là même. Non.

C’en est trop d’humiliation. Je pleurniche sous les sarcasme de ton fan surexcité qui visiblement veut ma perte. Soudain, au coin d’une rue sombre, je perds tout contrôle de moi-même. Les yeux injectés de sang, j’agrippe mon tourmenteur par le colbac, le tire violemment dans un recoin obscure. J’arrache sa lettre et la photo de toi et les lui enfoncent au fond la gorge avant de l’étrangler puissamment jusqu’à ce que mort s’en suive… Reprenant péniblement mon souffle, je réalise ce qu’il vient de se passer… J’ai tué « ton » fan jeff… Dieu puisse me le pardonner… Je suis perdu… Mais heureusement, personne n’a été témoins de l’assassinat.

Je jette hypocritement un œil de droite et de gauche. Personne. Normal, nous sommes à Marseille, un samedi soir. J’entend le clapotis de l’eau qui vient mourir sur le quai du Vieux Port. Un dernier regard puis, sous le regard luisant d’une horde de rats d’égouts, attirés sans doute par l’odeur capiteuse des fèces que l’homme a relâchées généreusement en rendant l’âme, je traine le cadavre encore chaud jusqu’au bord du quai puis le laisse glisser doucement dans les eaux noires, sales et profondes qui l’engloutissent à tout jamais dans les entrailles du néant. Voilà, l’histoire (presque…) telle qu’elle s’est déroulée. Bien à toi Jeff. Azzo le crapaud ;-)

août 30

Vous aimez danser la salsa ? Cette dance lascive à laquelle s’adonne une foule de célibataires en mal de rencontres affectives et qui, sous prétexte d’apprendre à maîtriser la chorégraphie d’une danse créée par le Diable lui-même, vous serrent entre leurs cuisses suintantes de désir lubrique et vous plaquent leur odorant bon marché contre vos délicates muqueuses. Ça fait envie, non ? Cyril Chauvin, mon compagnon multi-cartes et multi-talents utilise cette couverture pour “toucher des filles“ sans risquer de se prendre une main courante ou, variante plus violente, dans la gueule. C’est un professeur de talent à la patience légendaire (il travaille avec moi depuis 6 ans, ce qui lui confère en la matière une expertise quasi unique au monde), à la bonhommie bien réelle et d’une grande générosité (je ne règle jamais ses factures et il ne dit rien, si c’est pas une preuve !).

Bref, si vous avez envie de trouver l’âme sœur sans risquer l’attentat à la pudeur, si vous souhaitez passer de bons moments avec un mec super sympa qui fera vibrer vos corps, alors courez assister à ce Festival des Débutants samedi et dimanche prochain au Warm Up de 14h30 à 18h0 : c’est gratuit !

août 29

Mes bons amis, je suis à la veille d’une semaine assez folle. Mardi je pars avec une équipe de 3 techniciens à Sainte Cécile les Vignes dans une voiture de la station. Là-bas, je vais faire un reportage sur mon ami Jean-Marc Espinasse qui a acheté des vignes il y a 4 ans pour faire “son“ vin. Il va mettre en bouteilles sa quatrième cuvée et il est en passe de réussir son pari puisqu’il exporte plus de la moitié de sa production aux USA. Son domaine “Rouge Bleu“ a obtenu un 90% de satisfaction dans la très sérieuse revue “The Wine Expert“. Ça va picoler grave ! Le soir, on partira avec mon équipe à Arles pour passer la nuit au “Mas du Petit Prince“. Le lendemain, on file à la manade de Luc Jalabert, le directeur des arènes d’Arles pour y filmer un novillero, un jeune matador espoir du nom de Tomasito. Je vais m’amuser comme un fou au milieu des taureaux !

Je vais essayer de réaliser un petit making of que mon ami François Volfin montera car j’aime bien garder des souvenirs de mes moments de télé importants. Mes premiers (et derniers ?) reportages pour France 3 en feront partie assurément !

août 28

Vous qui lisez assidûment ce blog, vous connaissez Frédéric Soulié, le journaliste avec qui je faisais l’émission “Bienvenue Chez Fred“ l’an passé. Il est sur le cliché (à gauche, avec une chemisette mauve achetée dans une friperie). Et bien, il a été choisi par François Pécheux (à droite sur la photo) pour participer à une nouvelle émission appelée « DIRECT CHEZ VOUS » produite par 2P2L. « C’est un magazine quotidien, en direct, proposant des rencontres avec des gens positifs qui avancent, explique François Pécheux. L’idée est de donner envie de s’intéresser aux autres, de vivre un peu plus fort. C’est aussi une manière d’évoquer le vrai visage de la France« . Une sorte de journal de Jean-Pierre Pernault mais sans le déguisement du “journal de 13h00“.

L’émission s’appuiera sur les réseaux régionaux de France 3 : « Toutes les histoires sont issues des réalités locales. Cela correspond au code génétique de la chaîne, qui conçoit des émissions pour rapprocher les gens autour de programmes qui leur ressemblent. Les régions de France 3 dénichent les histoires, la richesse du contenu et nous apportons notre expérience de la séquence, du fil rouge et du direct« . Pour la région Provence Alpes Côte d’Azur les téléspectateurs retrouveront Frédéric Soulié pour tous les directs en extérieur.

2P2L ne sait pas encore que les frais de bouche de Monsieur Soulié peuvent atteindre des montants vertigineux et je me garderai bien de les prévenir…

août 26

Hier soir, j’ai “fêté“ avec ma grande amie Christine, ma reprise d’antenne sur France 3. Je lui avais promis que si j’étais à l’antenne en Septembre, je l’invitais au restaurant “Les 3 Forts“ de mon ami Dominique Frérard. Cela faisait plaisir de la voir s’extasier devant la beauté du lieu et la qualité de nos assiettes. Elle n’avait jamais “goûté“ à une telle ambiance, quant à moi, cela faisait une éternité que je n’y avais pas mis les pieds. Il faut dire que ce lieu est chargé d’histoire pour moi. Il a été le théâtre d’événements heureux qui ont rythmé ma vie et je n’avais rien à y faire dernièrement… sauf hier soir. J’étais très heureux d’y retourner pour célébrer un bel événement. Christine s’était mise sur son 31 et nous avons fait une entrée fracassante dans ce restaurant qui offre une vue à couper le souffle sur Marseille.

A un moment, Rolland Courbis est entré avec sa compagne et on l’a placé à côté de notre table. Je les regarde, lui me fixe avec un sourire et il me tend la main pour me saluer, comme il doit le faire 100 fois par jour. Par réflexe et par maladresse, je lui prends la main en lui disant : “non mais… c’est votre femme… je la connais“. En effet, sa compagne est une amie et elle n’avait pas remarqué ma présence. Rolland a eu l’air un peu stupéfait que l’on s’intéresse, pour une fois, à sa femme et pas lui. Nous avons ensuite discuté 5 minutes. C’est un homme vraiment charmant dont il émane une touche de classe assez surprenante lorsqu’on s’arrête au personnage médiatique à la faconde méridionale. Comme quoi, il faut toujours aller un peu plus loin que le bout de son nez.

N’ayant pas mangé aussi copieusement depuis une éternité, j’ai très mal dormi et je suis debout depuis 4h30. Cela m’a permis de gamberger sur cette nouvelle émission qui m’angoisse. Cela me rappelle mes débuts sur LCM quand nous travaillions sur notre premier Tranche de Vie avec Cyril Chauvin. Nous n’étions certains de rien et nous avions la trouille de nous planter. La trouille a toujours été une bonne conseillère pour moi et j’espère que c’est bon signe pour mes tournages prochains. Je vous raconterai tout cela en tant voulu…

août 25

Je vous avais parlé ici-même de mon fan, un homme de 60 ans qui possède dans son portefeuille une photo de moi qu’il a trouvé je ne sais où, n’était pas habitué à faire la une de la presse. Non content de m’avoir noyé sous les cartes postales et petits billets “porte bonheur“ cet été, il m’a adressé hier une invitation papier pour célébrer “nos 1 an“. Je suis sidéré de voir qu’il se souvient de la date et de l’heure à laquelle nous nous étions croisés à la sortie du Monoprix. Je vais accepter son invitation car j’ai envie de lui poser une question. Une seule à laquelle je ne trouve pas de réponse : POURQUOI MOI ?? Qu’est-ce qui fait que je suis son “idole“ ? Je suis beaucoup moins connu qu’un figurant de “Plus Belle la Vie“ alors pourquoi ? J’aurai la réponse vendredi car je vais répondre à son invitation par curiosité. Je ferai même une photo de lui car c’est moi qui suis en train de devenir fan de mon fan.

août 24

Vous étiez nombreux à me demander si j’allais poursuivre mon aventure sur France 3 et je vous répondais à chaque fois que je n’en savais rien, que tout était possible à la télévision. On est à l’antenne un jour et le lendemain, on vous demande d’aller jouer sur l’autoroute. C’est la dure loi de cette jungle mais les règles sont connues de tous et il faut donc toujours se préparer au pire. En ce moment, j’en profite pour apprécier pleinement la chance qui m’est donnée pour faire ce métier où j’ai la chance de rencontrer des gens véritablement passionnants. Je ne parle pas forcément des artistes, qui peuvent être décevants, mais de la “famille“ de la télévision auprès de laquelle j’apprends énormément de choses. Divertir les gens est un merveilleux métier, je vous assure.

La nouvelle émission à laquelle on m’a demandé de participer s’appelle “Talents“ et elle sera diffusée les samedis à 16h15 pour une durée de 26′. Pour cette nouvelle aventure, Frédéric Soulié m’a fait confiance en mettant à ma disposition des moyens techniques et humains pour réaliser mes portraits dans les régions couvertes par France 3 Méditerranée (Bouches du Rhône, Var, Alpes-Maritime, Vaucluse, Languedoc Roussillon). Je ne serai donc plus en plateau avec mes amis chroniqueurs mais « dans la nature », occupé à tailler des shorts à nos invités, tous de jeunes talents dans leurs domaines (musicien, comédien, peintre, sculpteur, écrivain…).

Pour accomplir cette mission sans trop de dégâts, je vais changer de statut et c’est une casquette de producteur qui va coiffer mon crâne imberbe. Je serai accompagné de ce que France 3 appelle “une équipe légère“ (et ce que LCM appelle “l’ensemble du personnel technique“) composée d’un cadreur (qui filme), un ingénieur du son (qui prend le son) et d’un chef opérateur (qui s’occupe de la lumière). Un monteur viendra s’ajouter à cette équipe “légère“ par la suite. Fini le temps où je m’occupais de tout ça avec mon ami Cyril Chauvin (surtout lui d’ailleurs, n’ayant jamais été doué pour la technique). J’ai hâte d’y être en fait et cela commence la semaine prochaine : préparation des tournages (2 dans la semaine), tournages mardi et mercredi, montage et mixage jeudi et vendredi. Diffusion de la première émission présentée par Frédéric Soulié : le samedi 11 septembre 2010 à 16h15.

Vous regarderez ?

août 22

Sacré dimanche que j’ai passé mes aïeux ! Alors que certains d’entre vous devaient s’ennuyer ferme devant le poste de leur télévision ou, pire, sur une serviette de bain parsemée de grains de sables projetés par des enfants joueurs qui courent se baigner dans une eau sale en vous frôlant ; moi, je m’éclatais chez moi, tranquille ! En effet, j’ai découvert un jeu passionnant et très divertissant : le bricolage. Mes connaissances ne dépassant pas celle d’une nonne en matière de contraception, j’ai un peu galéré.

J’ai “réparé“ mon lave linge, acheté une fortune il y a quelques années de cela et dont je me sers, seul, depuis bientôt 18 mois. Une relation amour/haine est née entre mon Siemens Aqua Control et moi. Les problèmes ont démarré lorsque j’ai voulu laver le linge de Ninie, ma colocatrice. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais ses soutiens-gorge (90 bonnet F, qu’elle achète en ligne sur un site américain www.monster-tits.com) sont tous ressortis rétrécis. Cela m’a valu une volée de bois vert de la part de la charmante paysanne poitrinaire qui réside dorénavant dans un luxueux duplex de Marseille.

Est-ce le violent coup de pied que je lui a asséné mais depuis cette funeste journée, mon lave linge marche beaucoup moins bien. Notamment lors de la phase essorage. Je ne me l’explique pas mais de l’eau sort de partout lorsque ce cycle débute, si bien que depuis quelques semaines, je me poste devant le lave linge avec une serpillère pour essuyer la marée qui en déborde par vagues hawaïéennes. Je ne sais pas si vous vous rendez compte du stress que cela m’occasionne ? A chaque lavage, je chronomètre la durée des cycles, guettant sur l’horloge, le moment de l’essorage. Je ne regarde plus les films ou un match de foot de la même façon. L’autre jour, un ami et moi regardions un match à la télévision. Il avait pris le match en cours de route et lorsqu’il me demanda “ça finit quand ?“, je lui ai répondu : “là, c’est la fin du lavage. L’essorage devrait commencer d’ici 7 mn“. Il est parti.

J’ai fait une découverte extraordinaire ce matin : je crois avoir trouvé l’origine du problème ! Non, ce n’est pas le joint du hublot comme beaucoup d’entre vous l’imaginent. C’est tout bête et je m’en vais vous donner ce que je pense être la solution : alors que je me brossais les dents avec mon dentifrice préféré (Crest), j’ai vu le bac à lessive refluer des lames d’eau qu’auraient aimé défier n’importe quel surfeur néopréné. Oui ! Le bac à lessive ! Ah la la ! J’avais l’impression d’avoir découvert l’assassin de Kennedy ! J’étais nu, ma brosse à dents coincée entre mes puissantes mâchoires, mon corps luisait sous les perles d’eau qui glissaient avec regret le long de mon corps musculeux pour tomber vers un sol où de grosses flaques laissées par le lave-linge attendaient qu’elles les rejoignent.

Je retirais alors le compartiment en plastique blanc de son logement et je découvris avec horreur d’épaisses couches de lessives noircies par le temps qui obstruaient tout ce qui pouvait ressembler à un orifice. Je l’ai nettoyé à fond et je l’ai remis en place, fier du travail accompli et certain de tenir la solution d’un problème qui me posait de lourds soucis.

Voilà. Je savais que je saurais vous intéresser avec un petit problème du quotidien. Certains diront que j’ai une vie vide de sens pour raconter de telles histoires. A ceux là, je répondrai que leur vie est encore plus misérable que la mienne car ils ont lu cet article jusqu’au bout…

août 14

Désolé pour ce long silence mais j’étais en Ardèche. Etre en Ardèche c’est un peu comme être nul part. Pas tout à fait mort mais plus tout à fait vivant non plus. Il n’y a pas de “Syndicat d’Initiative en Ardèche“ car il n’y a pas d’initiatives à prendre. Pas “d’Office du Tourisme non plus“ puisque l’unique, la seule richesse économique de la région, a la forme d’un canoë kayak. Il n’y a que ça là bas. Sur l’eau, sur le toit des voitures, devant les boutiques, vous avez des canoës verts, rouges, jaunes à la location ou à l’achat. Il est très rare de croiser un autochtone qui n’ait pas de pagaies entre les mains et une pellicule de Néoprène sur lui. C’est un peu comme le vélo à Amsterdam ou le touk-touk à Bangkok. L’Ardéchois est comme le Roundup : il résiste à l’humidité. Si vous avez un problème d’infiltration chez vous : faites appel à un ardéchois, c’est LE spécialiste.

Anne-Laure avait organisé avec talent ces 3 jours dans le département le plus paumé de France (avec le Limousin). Je ne m’étais occupé que de l’hôtel. Trouver une chambre pour 4 avec Wifi dans un établissement qui ne soit pas complet, n’était pas chose aisée à trouver en plein mois d’Août et pourtant, j’ai trouvé dès mon premier coup de téléphone ! J’ai compris ensuite, trop tard, les raisons de ce succès immédiat et inattendu lorsque mon fils, pénétrant et furetant dans la chambre me demanda soudain : “papa, ils sont où les toilettes ?“. Moi, énervé par 2 heures de route, lui répondant : “ben dans la salle de bain, voyons !“. ”Ben non, Papa, y’en a pas“.

Et oui… il y a des hôtels qui vous offrent le confort de l’accès à internet, la climatisation, la télévision par satellite mais où vous devez partager les toilettes avec tout un étage. Je ne décrirai pas ici, la sensation horripilante d’une cuvette tiédie par les fesses d’un de vos voisins de chambre, sur laquelle vous posez votre séant. Ne comptez pas sur moi pour vous décrire l’état de désespoir dans lequel peut vous plonger une simple goutte d’urine sur cette même cuvette qu’un autre voisin (ou le même), a délicatement laissé tomber, tel un autographe au bas d’une page. Il est 5 heures du matin lorsque vous découvrez ce présent et vous avez envie d’éclater en sanglots. Vous nettoyez la souillure en grommelant que les gens sont des porcs et en souhaitant que le coupable soit émasculé en place publique. Conseil : si vous partez en vacances en Ardèche, emportez votre cuvette avec vous.

Nous avons fait de l’accro-branches (cela s’est terminé en drame avec ma fille brûlée par une corde à l’entre-jambes et conduite chez le pharmacien), du poney et enfin la fameuse descente en canoë sur l’Ardèche avec tellement d’embarcations sur l’eau que l’on se serait cru sous le Tunnel de Fourvière un jour de départ en vacances.

Ceci dit, j’ai beaucoup aimé notre séjour champêtre où nous avons organisé moultes pique-niques champêtres et baignades dans des décors fabuleux.

La photo illustrant l’article a été prise lors de notre activité poney. Nous est apparu soudain, sous la lumière incandescente d’un l’été ardéchois, un être sorti de nul part. Entièrement vêtu d’une tunique “Olympique de Marseille“, il était originaire du pays et travaillait dans le centre équestre. Tout chez lui respirait la classe et l’élégance : le tatouage sur le bras droit représentant le Christ, sa coupe de cheveux qui le faisait ressembler à Manitas de Plata sortant d’une “coupe brushing“ chez Jean-Louis David, les nombreuses bagues et chaines en or qui paraient son corps d’athlètes. Nous avons été soufflés par l’aura de cet homme qui a enfourché, sous nos yeux éblouis par le raffinement de “l’Homme Bleu“ comme nous l’avons baptisé, une mobylette qu’il avait patiemment carrossée pour la faire ressembler à une moto. Une mobylette “tunée“, je n’en avais jamais vu auparavant et je tenais à rendre hommage à cet écuyer des temps modernes, qui est parti sur les chapeaux de roues dans la fumée bleutée du moteur deux temps de son puissant bolide. Adieu Homme Bleu…

août 11

Mon plan dans le Sud Ouest est tombé à l’eau… Anne-Laure (mon amie du Bénin) a de la ressource et loin de renoncer, elle nous a proposé de l’accompagner en Ardèche. Oui, l’Ardèche, ce coin paumé de France avec une rivière qui coule au milieu. Que vais-je faire là-bas ? Je ne sais pas. Anne-Laure s’est occupée de tout : rafting, poney, accro-branches etc. 3 jours loin de Marseille dans une région qui me rappelle le film “Délivrance“… Je vous raconterai mais les enfants sont d’ors et déjà ravis à l’idée de partir avec celle qui les baby sittent de temps en temps.

J’ai trouvé un petit hôtel (ce qui est un exploit en cette période) mais je n’ai pas encore annoncé à Anne-Laure qu’elle va dormir dans un lit superposé… De toutes les façons, après ce que nous avons vécu au Bénin tous les 2, rien ne nous fait peur, même pas l’Ardèche !

août 10

Je n’en peux plus. J’attaque ma deuxième semaine avec mes enfants : seul avec eux, du matin au soir… je suis à genoux. Mentalement surtout. Je régresse. Mes discussions concernent la vie sentimentale de Lady Gaga, les miracles de Joséphine Ange Gardien et bien sûr, l’intemporel Caca Boudin, prononcé sur tous les tons avec de grands éclats de rire à la fin. Lundi, je suis en vacances, c’est à dire que je reprends le boulot. Ouf.

Ce qui m’achève le plus, ce sont les questions qu’ils me posent dès le réveil et ce, jusqu’au coucher. Des questions, des tonnes de questions, sur tous les sujets. Hier, mon fils m’a demandé, à 30 secondes d’intervalle, “combien coute la Terre ?“, “comment on fait l’harissa ?“ et “est-ce que Jésus est plus fort que Batman ?“. Imaginez-vous à ma place face à ces questions existentielles que même un cerveau malade d’adulte n’irait jamais concevoir ? Et moi, il faut que je répondre car sinon la même question sera reposée avec insistance, voix de plus en plus éraillée jusqu’à l’explosion de mon oreille interne. Combien coûte la Terre ?? Mais je n’en sais rien, moi ! Je ne connais même pas le prix du mètre carré à Marseille alors sur la Terre ! Et puis ça dépend de la monnaie. Dans l’ancien ou le neuf ? La harissa ? Comment on fait la harissa !?? Mais pourquoi savoir ? Ne vaut-il pas mieux que l’on ne découvre jamais la recette de la harissa ? Jésus vs Batman ? Beau combat en perspective. Un jour, Hollywood nous l’offrira, j’en suis certain. En attendant, je parierais sur Jésus car c’est le seul capable de multiplier les pains dans la tronche.

août 07

Le départ est fixé à demain. Dernier jour à l’hôtel Colossos que nous avons rebaptisé avec les enfants, l’hôtel Colesthéros. Si la graisse humaine servait un jour à fournir de l’énergie, Rhodes pourrait se passer de centrales thermiques pour l’éternité. J’avais appris, lors de mes cours de géographie, que la Russie (l’Union Soviétique à mon époque) était riche en énergies mais je n’avais pas idée à quel point. Ses habitants ont sur eux quelques petites fortunes le jour où l’on saura transformer la peau d’orange en billets de banque.

Nous avons passé tout notre séjour sans voir un français ni même parler anglais à un touriste. Autarcie totale. Nous étions une île à nous 3. Une île au milieu d’une autre.

Les enfants ont essayé de bâtir des ponts mais ce n’est pas facile de communiquer et de s’amuser avec des petits enfants russes ou polonais qui ne comprennent pas un traître mot de ce que vous essayez de dire dans un mauvais anglais et qui, de toutes les façons, ne peuvent pas vous répondre car ils ont un beignet dans la bouche. Quant à moi, je me suis réfugié dans la lecture de 2 livres : “L’homme qui voulait être heureux“, offert par Sylvie, une amie, et “Quand souffle le vent du Nord“ offert par Cyril Chauvin, mon compagnon de route. Le premier m’a appris quelques petites choses, même si la philosophie qui se dégageait de l’ensemble était un peu trop facile. Sous la forme d’un roman, l’auteur, philosophe de son état, essaye de faire passer tous les messages possibles (et surtout connus), pour nous livrer sa recette du bonheur : “connais toi toi-même, tes problèmes sont dans ta tête, relativise tes échecs, n’abandonne jamais tes objectifs etc“. Bien, mais finalement assez frustrant quand on referme la couverture et que l’on regarde autour de soi : rien n’a changé ! Mais là, l’auteur me répondrait, dans son immense plénitude (et platitude) : “le changement ne vient que du changement. Commence par changer ta vie avant de changer celles des autres. T’as compris ducon ou faut que je recommence avec des crayons de couleurs ?“. Il n’aurait pas dit exactement cela comme ça, mais j’interprète quoi…

Le deuxième livre m’a littéralement bouleversé. Cyril me l’avait offert en me disant, l’air de rien (il a souvent l’air de rien quand il offre des trucs. Même quand il n’offre rien d’ailleurs) : “tiens, lis ce bouquin, il m’a fait penser à toi“. T’as raison mon neveu ! Quelle belle histoire d’amour ! Que c’est bien écrit ! Je ne conserve habituellement pas les livres mais je garderai celui-là. Il rejoindra “Le Chevalier à l’armure rouillée“ et “Refuge pour temps d’orage“ qui m’ont beaucoup touché. J’ai corné un nombre incalculable de pages pour me souvenir de quelques phrases très belles et très vraies. Ou plus exactement, qui ont raisonné en moi, y trouvant un écho particulier. Une phrase résume tout : “écrire, c’est comme embrasser, mais sans les lèvres. Ecrire, c’est embrasser avec l’esprit“. Je dédicace cette citation à toutes celles et à tous ceux qui pensent que rien ne vaut la rencontre physique, l’échange verbal, la discussion “entre 4 yeux“. Il y en a d’autres pour qui c’est différent et comme le héros de ce beau roman, je préfère la vérité de mon clavier à l’hypocrisie de certaines paroles.

août 05

Aïe. J’ai mal au cou. Une vertèbre s’est fait la malle et elle flotte quelque part sur un bassin de l’Aqua Park dans lequel nous avons passé la journée entière avec ma descendance. Je ne le sentais pourtant pas ce “Twirl of Dante“, un toboggan aquatique qui après vous avoir fait encaisser 3G, vous fait tournoyer dans tous les sens avant de vous cracher dans un bassin d’eau chlorée.

J’ai tout fait pour dissuader mon fils de faire cette attraction, n’hésitant pas à projeter mes peurs sur lui pour le tourmenter et le faire reculer. Non. Il n’a pas cédé et me voilà en haut du “Twirl of Dante“. Mon fils est déjà en bas, moi c’est une autre histoire… J’essaye de sympathiser avec le surveillant de l’attraction afin de trouver un peu de réconfort (j’ai envie de pleurer), mais celui-ci ne répond à aucune de mes boutades en anglais : “how many dead today ?“ (combien de morts aujourd’hui ?) Je ne vois pas ses yeux à travers ses lunettes réfléchissantes et le sifflet qu’il a coincé dans la bouche n’invite pas à la rigolade, fusse-t-elle pleine de finesse.

Il me fait un signe, tout sauf amical, de me mettre en place et de dégager le passage pour les russes et les allemands qui attendent leur tour de frayeur derrière moi. J’obéis au cerbère revêtu d’une tunique “Rescue Team“ et je prends alors conscience de la folie de mon entreprise : je ne suis pas fait pour ce genre d’attraction ! Le seul risque acceptable pour moi est de rentrer dans un jacuzzi public ou, à l’extrême, une piscine municipale de camping mais pas un “Twirl of Dante“ !!!

La première section du toboggan est la plus terrifiante : on tombe à pic dans le vide pour prendre la vitesse nécessaire avant d’entrer dans un tunnel où, dans l’obscurité, ne contrôlant plus rien, ne pouvant plus anticiper les mouvements de son corps, vous êtes projeté à grande vitesse dans des circonvolutions néfastes à n’importe quel squelette. Il faut être un Barbapapa pour ne pas souffrir dans un tel toboggan ! A l’arrivée, vous vous arrêtez net sur 2 mètres. Là, il faut vite reprendre ses esprits pour remettre en place le maillot de bain qui n’a pas résisté à la force centrifuge. Si vous sentez de l’eau fraîche dans la rainure de vos fesses, ce n’est pas bon signe et il convient de ne pas sortir immédiatement de l’eau pour ne pas effrayer les nombreux enfants qui flottent à vos côtés.

Lorsque vous montez l’échelle vous ramenant sur la terre ferme, votre fils vous regarde alors avec un grand sourire barrant son visage doré par le soleil et vous dit : “c’était trop bien ! On le refait ?“.